JFHOD

CO88 - REGARD : étude de phase III évaluant le ramucirumab et MSS vs placebo et MSS en 2ème ligne des adénocarcinomes métastatiques de l’estomac et de la JGO ayant progressé après une 1ère ligne comportant un sel de platine et/ou une fluoropyrimidine

Tehfe Mustapha, Tomasek Jiri, Cho Jae Yong, Filip Dumitru, Passalacqua Rodolfo, Goswami Chancal, Safran Howard, Dos Santos Lucas Vieira, Aprile Giuseppe, Ferry David, Melichar Bohuslav, Topuzov Eldar, Tabernero Josep, Zalcberg John Raymond, Chau Ian, Koshiji Minori, Hsu Yanzhi, Schwartz Jonathan, Fuchs Charles S.

Introduction

Le VEGF et le récepteur VEGFR-2 sont des médiateurs majeurs de l'angiogenèse susceptibles de contribuer à la pathogenèse du cancer gastrique. Le ramucirumab (RAM ; IMC-1121B) est un anticorps monoclonal totalement humain ciblant le domaine extracellulaire du VEGFR-2.
Nous avons conduit une étude internationale de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, pour évaluer l'efficacité et la tolérance du RAM chez des patients (pts) atteints d'adénocarcinome métastatique de l'estomac ou de la jonction gastro-œsophagienne (JGO), et dont la maladie a progressé après une chimiothérapie de première ligne comportant un sel de platine et/ou une fluoropyrimidine.

Patients et Méthodes

Les pts dont la maladie a progressé ≤ 4 mois après un traitement de première ligne ou ≤ 6 mois après un traitement adjuvant ont été randomisés selon un ratio 2 : 1 pour recevoir les MSS associés soit au RAM (8 mg/kg IV) soit au placebo (PL) toutes les 2 semaines jusqu'à progression, toxicité inacceptable ou décès. Le critère principal de jugement était la survie globale (SG). Les critères secondaires incluent la survie sans progression (SSP), le taux de SSP à 12 semaines, le taux de réponse globale et la tolérance.

Résultats

Entre Octobre 2009 et Janvier 2012, 355 pts ont été randomisés (RAM : 238 ; PL : 117). Les caractéristiques initiales des pts étaient équilibrées entre les deux bras. RAM a réduit significativement le risque de décès toutes causes confondues de 22% en comparaison au PL. La médiane de SG était de 5.2 mois pour le bras RAM vs 3.8 mois pour PL (HR : 0.776 ; IC 95% : 0.603-0.998 ; p = 0.0473). Le bénéfice en SG dans le bras RAM est retrouvé dans les sous-groupes de patients prédéfinis et après ajustement pour d'autres facteurs pronostiques (HR multivarié = 0.774 ; IC 95% : 0.605-0.991). La médiane de SSP était de 2.1 mois pour RAM vs 1.3 mois pour PL (HR : 0.483 ; IC 95% : 0.376-0.620 ; p < 0.0001). Le taux de SSP à 12 semaines était de 40% pour RAM vs 16% pour PL. Le taux de réponse globale était de 3.4% pour RAM vs 2.6% pour PL. Le taux de contrôle de la maladie était de 49% pour RAM vs 23% pour PL (p<0.0001). 32% des patients pour RAM vs 39% pour PL ont reçu une ligne thérapeutique ultérieure. Les effets indésirables de grade ≥3 les plus fréquents étaient : hypertension artérielle (7.6% RAM ; 2.6% PL), fatigue (6.4% RAM ; 9.6% PL), anémie (6.4% RAM ; 7.8% PL), douleur abdominale (5.9% RAM ; 2.6% PL), ascite (4.2% RAM ; 4.3% PL), perte d'appétit (3.4% RAM ; 3.5% PL), saignement (3.4% RAM ; 2.6% PL), et hyponatrémie (3.4% RAM ; 0.9% PL).

Conclusion

Le ramucirumab améliore de manière significative la survie globale des pts ayant un adénocarcinome de l'estomac ou de la JGO dont la maladie a progressé après une chimiothérapie de première ligne, et ce, avec un profil de tolérance acceptable. Ces résultats valident la voie du VEFGR-2 comme cible thérapeutique dans le cancer gastrique.