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CO.109 - Relation entre la rémission clinique des fistules ano-périnéales de la maladie de Crohn et les concentrations d’adalimumab : résultats d’une étude transversale multicentrique

L. Sirmai, A.L. Pelletier, P. Fernandez, X. Roblin, C. Zallot, L. Siproudhis, G. Bouguen, P. Roland Nicaise, S. Sironneau, M. de Carvalho Bittencourt, A. Petitcollin, N. Gault, L. Abramowitz

Introduction

La maladie de Crohn (MC) se complique de fistules ano-périnéales (FAP) chez environ 20% des patients. Leur traitement a été révolutionné par l'avènement des anti-TNFα. L’intérêt des dosages des concentrations résiduelles et des anticorps anti-TNFα pour guider une éventuelle optimisation des posologies est en cours d’évaluation : chez les malades ayant des FAP en rémission deux études rétrospectives (1,2) suggèrent des concentrations-cibles élevées, et supérieures à celles associées à une rémission luminale. Nous ne disposons pas de telles données avec l’adalimumab (ADA). Notre objectif principal était d’étudier la relation entre les concentrations sanguines d’ADA (CADA) et la cicatrisation des FAP de MC.

Patients et Methodes

Cette étude transversale dans 4 centres français incluait les patients ayant des FAP de MC et traités par ADA. Le traitement par ADA pouvait avoir été optimisé ou non et associé à un immunosuppresseur en combothérapie. Les patients étaient inclus quelle que soit l’ancienneté de leur FAP, la durée du traitement par ADA et la technique chirurgicale utilisée notamment les techniques d’obturation. Etaient exclus les femmes enceintes ou allaitantes, les mineurs, les antécédents de proctectomie, les abcès non drainés et les dosages non conformes (N=4). Chaque patient pouvait avoir eu une ou plusieurs évaluations entre décembre 2013 et mars 2018. A chaque évaluation, les CADA, dosées par un test ELISA, et l’évolution des lésions étaient recueillies. Le critère d’évaluation principal était la rémission clinique des FAP définie par : l’arrêt de l’écoulement avec un perineal disease activity index < ou = 4, l’absence de séton et l’avis favorable du proctologue. Si le patient avait plusieurs FAP, toutes devaient être en rémission pour conclure à la rémission clinique. Les critères d’évaluation secondaires étaient la cicatrisation (rémission clinique et radiologique à l’IRM après relecture centralisée par un expert) et la tolérance. Les caractéristiques des patients avec et sans rémission clinique sont rapportées, et les CADA ont été comparées à l’aide de tests de Wilcoxon. 

Résultats

34 patients ont été inclus (56 évaluations) dont 44% étaient en rémission clinique. Il y avait 82% de fistules complexes. 50% des patients avaient été traités antérieurement par un autre anti-TNFα et 70% des patients étaient optimisés et/ou en combothérapie d’emblée. 23% des patients ont bénéficié d’une technique d’obturation. Les CADA étaient significativement plus élevées en cas de rémission clinique (14.0 versus 10.6 µg/mL ; p=0.01). Les CADA étaient comparables en cas de cicatrisation ou absence de cicatrisation (11.2 versus 10.6 µg/mL ; p=0.69). Dans le groupe en rémission, la durée médiane de traitement par ADA était plus longue (166 vs 55 semaines), la durée médiane de drainage par séton moins longue (36 vs 41 semaines), il y avait 2 fois plus de techniques d’obturation et davantage d’optimisation d’emblée (60% vs 42%). Il n’y avait pas de majoration des effets secondaires en cas de CADA élevées.

Discussion

Conclusion

Il existe une association entre la rémission clinique des FAP de MC et des CADA élevées. Un seuil cible d’ADA reste à définir par un essai prospectif pour guider les cliniciens. 

Remerciements

Financement : Abbvie, APHP