JFHOD

P.428 - Résultats de la CIAH en traitement de métastases hépatiques de carcinomes colorectaux avec modalités de contrôle du cathéter allégées

C. Toullec, L. Mineur, F. Decrozals, G. Roumieu

Introduction

La chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) donne des résultats prometteurs en phase II en 1ère ligne et 2ème ligne de traitement des métastases hépatiques exclusives des adénocarcinomes colo-rectaux. Les taux de réponse objective vont jusqu’à  64%  en 2ème ligne (1).  Cette technique permet de parvenir à une chirurgie hépatique à visée curative dans 52% des cas dans certains travaux (2).Des études sont en cours en 1ère ligne et en adjuvant (3). Cette technique nécessite cependant des contrôles angiographiques réguliers qui peuvent représenter un frein à son utilisation. Notre étude avait pour objectif de valider un allègement de la surveillance avec contrôle radiographique simple du cathéter de CIAH.

Patients et Methodes

50 patients présentant un adénocarcinome colo-rectal avec métastases hépatiques exclusives ou prédominantes, ont été traités par CIAH dans notre établissement de janvier 2011 à  juin 2018. 96% des cathéters intra-artériels ont été posés par voie radiologique et la surveillance a consisté dans 94% des cas en un simple contrôle par abdomen sans préparation (ASP) tous les 15 jours, sans contrôle angiographique supplémentaire en l’absence de complication et avec mise en place par l’oncologue de l’aiguille de Huber. 70% des patients traités étaient des hommes. L’âge médian au diagnostic était 63.0 ans. 72% étaient des localisations coliques et 86% des métastases hépatiques étaient synchrones. La tumeur primitive était en place dans seulement 34% des cas. La biologie moléculaire retrouvait un statut RAS sauvage pour 62% des patients et BRAF muté pour 4% d’entre eux. La CIAH a été réalisée en 1ère ligne pour 4 patients, en 2ème ligne pour 21 patients et en 3ème ligne et plus pour 25 patients. 26% des patients ont reçu un traitement angiogénique intra-veineux de façon concomitante et 40% des patients ont reçu une trichimiothérapie avec 1 des molécules en intra-artériel. Dans 74% des cas, seul l’Oxaliplatine a été administré en intra-artériel (IA). 8% des patients n’ont reçu que de l’Irinotécan en IA, 16% ont reçu d’abord de l’Oxaliplatine puis de l’Irinotécan et 2% ont reçu de l’Oxaliplatine puis de la Mitomycine. Le nombre médian de cures s’élevait à 6. Le délai médian entre la pose du cathéter et la 1ère injection de CIAH était de 14 jours.

Résultats

Le taux de complication était de 36% (N=18)  tous grades confondus dont 5% de grades 3. La complication la plus fréquente était  l’épigastralgie en rapport avec une diffusion gastro-duodénale de la chimiothérapie (8 patients). Les autres complications concernaient  2 cholécystites chimiques, 2 désunions/extériorisation du cathéter, 2 extravasations avec infection, 2 hématomes et 3 occlusions. La CIAH a pu être reprise dans 44% des cas (N=8) dont 6 grâce à une embolisation complémentaire. 4 cathéters ont du être retirés, entraînant un arrêt du traitement intra-artériel. 28% des complications sont survenues lors de la 1ère cure de CIAH et 22% après la 4ème cure. Parmi les complications, 16 sont survenues chez des patients ayant bénéficié d’une surveillance allégée (ASP tous les 15 jours), 1 avec un contrôle angiographique tous les 28 jours et 1 avec un contrôle angiographique seulement à la première cure. Sur les 50 patients traités par CIAH, 16 ont pu bénéficier d’une résection hépatique à but curatif (32%). La survie globale médiane était de 31.7 mois. La survie sans progression médiane était de 8.48 mois. Le nombre médian de lignes ultérieures était 1.0.

Discussion

Conclusion

Le taux de complications liées au cathéter avec surveillance simplifiée (ASP tous les 15 jours), qui s’élève à 36%, est similaire à ceux observés dans la littérature (jusqu’à 35% (4)) avec une surveillance renforcée (contrôle angiographique tous les 15 jours). Il serait licite de proposer un allègement de la surveillance et une simplification des procédures de CIAH afin de faciliter et d’élargir l’utilisation de cette technique. D’autre part, la survie médiane rejoint celle des patients inclus dans les essais de phase III en 1ère ligne (31.7 mois), alors que la majorité de nos patients bénéficient de la CIAH en rattrapage (2ème ligne et plus). Le taux de résection hépatique, qui s’élève à 32%, est supérieur à celui observé dans la littérature (jusqu’à 26% (4)).

Remerciements