JFHOD

P.104 - Résultats de la prise en charge endoscopique de l’ulcère gastroduodénal hémorragique : une série de 125 patients

I. Jemni, H.L. Mohamed, F. Aissaoui, S. Ben Amor, M. Zakhama, A. Guediche, W. Bouhlel, W. Ben Mansour, B.C. Nabil, L. Safer

Introduction

Les ulcères gastroduodénaux hémorragiques sont la principale cause d’hémorragie digestive haute. Bien qu’une diminution des hospitalisations pour ulcère gastroduodénal soit observée depuis quelques années, la mortalité reste stable entre 2,5 et 5,8 %. Les objectifs du traitement endoscopique sont de faire cesser l’hémorragie et de diminuer le risque de récidive hémorragique et d’intervention chirurgicale à visée hémostatique et de réduire la mortalité.

But : l’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité de la prise en charge endoscopique et de déduire les facteurs prédictifs de l’échec de l’hémostase endoscopique.

Patients et Methodes

 il s’agit d’une étude rétrospective ayant colligé 125 patients sur une période étendue de 2007 à 2018. On a inclut les patients qui se sont présenté aux urgences pour hémorragie digestive haute quel que soit le mode d’extériorisation et qui ont bénéficié   d’un geste d’hémostase endoscopique .On a évalué  le risque de récidive hémorragique, de recours à la chirurgie et de décès précoce à j30.

Résultats

notre étude a inclus 125 patients avec un sexe ratio de 3,4 (97 hommes et 28 femmes). L’âge moyen est de 58,64 ans. L’ulcère était classé Forest Ib dans 58,4%. L’injection d’adrénaline seule était la principale technique utilisée (60,8% des patients), suivie de l’association d’injection d’adrénaline et la pose d’un clip (31,2% des cas) et en dernier lieu l’injection d’agents sclérosants (8% des cas). La récidive hémorragique a concerné 18,4% des patients, la chirurgie était l’issue finale dans 10,4% des cas et le décès n’a concerné que 4% de notre population. Les facteurs prédictifs d’échec de l’hémostase et de recours à la chirurgie sont le caractère creusant de l’ulcère (p=0,005), le recours à des transfusions de plus que 4 poches de culots globulaires rouges (p=0,038) ainsi que le siège duodénal de la lésion ulcéreuse et ce indépendamment de la face antérieur ou postérieur du bulbe. Le taux initial d’hémoglobine ≤ 5 g/dl est un facteur prédictif de recours au traitement chirurgical (p=0.039). L’association de deux actes endoscopiques : pose de clip et injections d’adrénaline est un facteur protecteur de la chirurgie avec corrélation statistiquement significative (p= 0,011). Les principaux facteurs prédictifs de récidive hémorragique au décours du premier acte endoscopique sont : la taille de l’ulcère > 20 mm (p =0,049) et le taux initial d’hémoglobine ≤ 5g/dl (p= 0,039). Un saignement actif à l’endoscopie initiale n’était pas statistiquement corrélé ni au risque de récidive ni au risque de recours à la chirurgie. On a noté que les ulcères hémorragiques de la face postérieure du bulbe sont significativement corrélés au risque de décès à J30 (p=0,041).

Discussion

Conclusion

En cas d’hémorragie digestive l’endoscopie haute doit être réalisée aussi rapidement que possible associée à un geste d’hémostase en cas d’ulcère avec saignement actif ou à haut risque de saignement. La combinaison de deux techniques d’hémostase endoscopique, injection d’adrénaline diluée et mise en place de clips, assure l’hémostase dans la plupart des situations et permet ainsi d’éviter le recours à la chirurgie.

Remerciements