JFHOD

P.497 - Résultats de l’étude STAR, étude sur les pratiques en ville de prise en charge de la rectocolite hémorragique en France dans les premières années suivant le diagnostic

A. Bourreille, S. Nancey, H. Sokol, L. Peyrin-Biroulet, Y. Bouhnik, X. Roblin, G. Bonnaud, A. Attar

Introduction

L’objectif principal de cette étude est de décrire pour la première fois les pratiques en ville de prise en charge de la RCH, en France, dans les premières années suivant le diagnostic et de confronter les données de la vie réelle aux recommandations européennes.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude observationnelle, rétrospective, multicentrique et nationale (France), menée auprès de gastro-entérologues libéraux. Les médecins participants ont recueilli les données des patients vus en consultation, ayant eu un diagnostic de RCH au cours des 36 derniers mois, avec un recul d’au moins 12 mois. Les patients inclus dans cette étude devaient être âgés de 18 ans ou plus. Les données collectées étaient issues des dossiers médicaux des patients.

Résultats

Quatre-vingt-dix médecins ont inclus 249 patients entre mars 2017 et juin 2018. L’âge médian des patients était de 35 ans avec 48,3 % de femme et 11,6% de fumeur. L’ancienneté médiane de la RCH était de 18,4 mois. L’étendue de la RCH selon la classification de Montréal était de 42,9 % pour E1 (limitée au rectum), 40,0 % pour E2 (en dessous de l’angle gauche) et 17,1 % pour E3 (dépassant l’angle gauche). La gravité de la maladie perçue par le médecin (EVA 0-100 mm) lors du diagnostic était en moyenne à la dernière consultation de 34,50 et de 18,55 respectivement. Le score partiel Mayo lors du diagnostic et à la dernière consultation était en moyenne de 4,26 et de 1,95. Le score partiel de Mayo au diagnostic montrait : 36,4 % de forme légère, 56,1 % de forme modérée et 5,3 % de forme sévère. En comparaison, le score partiel de Mayo à la dernière consultation montrait : 2,2 % de rémission, 35,1 % de forme légère, 56,7 % de forme modérée et 5,9% de forme sévère. La dernière endoscopie au cours de la 1ère année de traitement montrait : 28,6 % de cicatrisation, 38,6 % d’activité légère, 28,6 % d’activité modérée et 4,3 % d’activité sévère. 97 % des patients ont reçu un traitement par 5-ASA, 43 % des corticoïdes, 14 % des immunosuppresseurs et 19 % des Anti-TNF. Au jour de la dernière consultation, plus de 40 % des patients ne recevaient plus de 5-ASA. La forme orale de 5-ASA a été prescrite chez 39 % des patients, la forme rectale chez 31 % et l’association chez 27 % des patients. Le traitement par 5-ASA a été efficace dès le 1er mois pour 67 % des patients. La posologie moyenne du traitement d’attaque oral de 5-ASA était de 3,3 g/j. 70 % des patients avaient un traitement d’attaque optimal ≥ 4 g/j de mésalazine et 12 % avait une posologie inférieure aux recommandations européennes (<2,4g/j). La posologie moyenne de 5-ASA en entretien était de 2g/j. Pour la forme basse de mésalazine, la posologie moyenne était de 1,2g/j. La durée médiane de traitement d’attaque avec la forme orale était de 89 jours versus 48 jours avec la forme rectale. La durée médiane du traitement d’entretien oral était de 346 jours et 127 jours avec la forme rectale. 70 % des patients ayant commencé un 5-ASA en 1ère ligne n’ont nécessité aucune autre classe médicamenteuse. Depuis le diagnostic jusqu’au jour de la dernière consultation, 44 % des patients avaient eu des corticoïdes, 20 % des immunosuppresseurs et 19 % au moins un anti-TNF. L’initiation d’un traitement par anti-TNF n’était pas liée à la sévérité de la maladie au diagnostic (score de Mayo 5).

 

Discussion

Conclusion

Les 5-ASA sont le traitement de référence dans la prise en charge de la RCH en attaque et en entretien et montrent une efficacité dès le 1er mois de traitement. Un patient sur 5 est traité par immunosuppresseurs et un patient sur 5 par anti-TNF. Ceci suggère que de nombreux patients passent directement des 5-ASA aux anti-TNF sans être exposés aux immunosuppresseurs et que l’utilisation des anti-TNF dans cette population ayant une forme majoritairement légère à modérée est très élevée. Un sous-dosage en 5-ASA pourrait expliquer en partie ces chiffres.

Remerciements