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CO.103 - Résultats à long terme de la transplantation hépatique pour hépatite auto-immmune : premiers résultats d’une étude de cohorte nationale française

Y. Chouik, C. Francoz-Caudron, O. Guillaud, A. Abergel, L. Barbier, C. Besch, C. Corpechot, E. de Martin, S. Dharancy, F. Durand, C. Duvoux, J. Gugenheim, J. Hardwigsen, M.N. Hilleret, P. Houssel-Debry, N. Kamar, M. Neau-Cransac, G.P. Pageaux, S. Radenne, O. Roux, F. Saliba, C. Vanlemmens, M.L. Woehl-Jaegle, D. Samuel, J. Dumortier

Introduction

L’hépatite auto-immune (HAI) est une indication rare de transplantation hépatique (TH), représentant actuellement moins de 5% des greffes en Europe. Si le pronostic global des patients semble favorable, il existe des problématiques spécifiques à cette indication. Notamment, le risque de récidive de la maladie initiale est important et croit avec le temps, et les épisodes de rejet sont plus nombreux. Ainsi, le maintien d'une triple immunosuppression, avec corticoïdes, est une attitude largement répandue. Les buts de notre étude, à partir d’une large cohorte nationale française avec un long suivi, étaient i) d’évaluer la survie du patient et du greffon chez les transplantés hépatiques pour HAI, ii) d’estimer l’incidence de la récidive et des rejets et leur impact sur le pronostic et iii) d’identifier des facteurs pronostiques et des facteurs de risque de récidive et notamment l’impact de la corticothérapie au long cours. Nous présentons ici les résultats préliminaires, centrés sur la survie.

Patients et Methodes

Cette étude de cohorte rétrospective multicentrique incluait tous les patients âgés de plus de 16 ans greffés pour hépatite auto-immune en France. A partir des données de l’agence de Biomédecine et avec l’aide des centres, nous avons recueilli les données épidémiologiques, cliniques, biologiques et histologiques dans les dossiers médicaux. Les épisodes de rejet et récidive ont été systématiquement recueillis et analysés.

Résultats

Nous avons inclus 344 patients (73 hommes) greffés entre juillet 1987 et avril 2018 dans vingt centres français. L’âge moyen à la TH était de 42,6 ans (16,4-72,6). La durée médiane de suivi était de 74,4 mois (0,0-363,7). L’indication de greffe était une hépatite fulminante ou subfulminante dans 58 cas, et une cirrhose dans 286 cas, dont 17 cas de carcinome hépato-cellulaire (CHC). Une autre maladie auto-immune était associée à l’HAI dans 27,6% des cas. Une corticothérapie au long cours a été maintenue chez 64,5% des patients. Au cours du suivi, 31,1% des patients ont présenté un ou plusieurs épisodes de rejet aigu cellulaire ou humoral, 6,1% un rejet chronique, et 22,1% une récidive de l’HAI. Le délai médian de survenue de la récidive était de 53,6 mois (3,1-296,8). Les survies du greffon et du patient étaient respectivement de 84,2%, 76,7%, 69,3%, 56,4% et 88,0%, 81,7%, 75,7%, 66,5% à 1, 5, 10 et 20 ans. Les causes principales de décès étaient un sepsis (n=20), un cancer (n=11, dont 3 récidives de CHC) et une insuffisance hépatique (n=9, dont 4 imputables à une récidive de l’HAI). Durant le suivi, 46 patients ont été retransplantés, dont 9 pour récidive d’HAI. La récidive et les épisodes de rejet n’avaient pas d’impact négatif sur la survie du greffon ou du patient. Au contraire, la corticothérapie au long cours impactait de façon significative et négative la survie globale (p = 0,048), de même que l’âge à la greffe (p = 0,01), le statut HLA A1B8DR3 (p = 0,007) et la retransplantation (p = 0,001).

Discussion

Conclusion

Notre étude confirme que la survie après transplantation hépatique pour HAI est excellente. La récidive de la maladie est fréquente mais entraîne rarement la perte du greffon. La corticothérapie au long cours semble avoir un effet délétère important. La prise en charge optimale de ces patients reste à mieux définir sur le plan du traitement immunosuppresseur.

Remerciements