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CO.92 - Résultats à moyen et long terme de la chirurgie de la névralgie pudendale. Définition des critères d’amélioration et analyse des facteurs prédictifs d’un bon résultat. A propos d’une série de 145 patients opérés

M. Khalfallah, M. Begué, L. Savalli, T. Riant

Introduction

Au cours des 3 dernières décennies, des progrès importants dans le démembrement et la prise en charge des douleurs périnéales ont été réalisés. La névralgie pudendale est actuellement la cause neurologique la mieux connu. Les mécanismes lésionnels sont identifiés. Cependant, l’évaluation et Les bénéfices d’une décompression chirurgicale reste encore discuté. L’objet de cette étude vise à évaluer le devenir des patients à moyen et à long terme après la chirurgie de la névralgie pudendale, quant à l’évolution de la douleur et du retentissement fonctionnel sur la position assise. Nous avons cherché à définir des critères d’amélioration et à étudier les facteurs pronostics de la chirurgie, encore mal connus

Patients et Methodes

Population: l’étude concerne des patients suivis entre 2004 et 2016. Durant cette période, 145 patients ont été opérés d’une névralgie pudendale soit sur un seul côté, soit le plus souvent sur deux côtés. Trois patients ont été opérés de façon itérative sur un seul côté, l’ensemble représentant 148 chirurgies et 246 nerfs opérés. 

Méthode : Le recueil de données a été réalisé de façon rétrospective à partir des dossiers médicaux. Le devenir a été évalué par téléphone. Les principaux paramètres  étudiés, en fonction du recul par rapport à a chirurgie à 6 mois,  à 1 an et à plus d’un an, ont été: l’évolution de la douleur moyenne sur l’échelle numérique de 0 à 10 en position assise,  l’évolution du gain de temps moyen (en minutes) en position assise, l’amélioration subjective de la douleur perçue par les patients sur une échelle de 0 à 100% (100% = amélioration complète).

Résultats

Résultats : 101 patients ont été contactés par téléphone (69%), 3 patients étaient décédés au moment de l’enquête (2%), quatre patients n’ont pas souhaité répondre aux questions (3%) et 37 patients ont été perdus de vue (26%). La moyenne d’âge des patients est de 56,2 ans +/- 0,18. Soixante-six pour cent sont des femmes. 

Concernant les résultats de la chirurgie, l’amélioration de la douleur mesurée sur l’échelle numérique(EN) en position assise se poursuit tout au long du recul post-chirurgical analysé, passant de 7,45/10 avant la chirurgie à 5.45/10 à 6 mois de la chirurgie et à 4.52 à plus de 1an (p< 0.0001). L’amélioration de l’intensité de la douleur de 3 points ou plussur l’échelle de 10 est de 34.5% à 6 mois de la chirurgie, de 52% à 1 an et de 66,9% à plus d’un an. Le gain de temps moyen en position assise a été de 68 minutes à 6 mois de la chirurgie, de 86 minutes à 1 an (p= 0.001) et de 117 minutes à plus d’un an (p<0.0001). L’amélioration de la douleur perçue par le patient est de 39.6% à 6 mois de la chirurgie, de 44,3% à 1 an et de 52.4% à plus d’un an.

Discussion

L’analyse par le test du Chi2 permet d’établir une corrélation entre l’amélioration de la douleur sur l’EN et le gain de position assise d’une part (p<0,0001) et l’amélioration perçue par le patient d’autre part (p=0,004). Si l’on considère comme un « bon résultat » un gain >= à 3 points sur l’EN ou un gain de temps assis de 30 min par rapport au temps assis préopératoire ou une amélioration perçue > 30%, on obtient un bon résultat pour 118 patients soit 81%, ce qui est conforme aux données de la littérature. 

Le sexe, les antécédents périnéaux chirurgicaux, le résultat du bloc test, le caractère unilatéral ou bilatéral de la chirurgie, l’âge, le délai de prise en charge chirurgicale des patients ne constitue pas des facteurs pronostics quant aux résultats de la chirurgie. Après l’intervention, une prise en charge en centre et l’utilisation d’un TENS sont corrélés à un meilleur résultat (respectivement p=0,008 et p=0,0001 pour le test du Chi2).

Conclusion

En conclusion cette étude plaide pour une tendance à l’amélioration des douleurs et de la capacité à maintenir la position assise qui se poursuit longtemps après la chirurgie, au-delà de 1an. Elle tend à infirmer la valeur prédictive de certains critères comme la positivité du bloc-test,  le délai écoulé entre le début des symptômes et la chirurgie ou l’âge. Elle confirme l’absence de récidive à long terme après une décompression par voie transglutéale

Remerciements