JFHOD

P.152 - Risque ganglionnaire des adénocarcinomes colorectaux pT1sm2

J. Winkler, J.P. Ratone, A. Lupu, E. Bories, F. Caillol, C. Pesenti, H. Meillat, F. Poizat, V. Hervieu, B. Lelong, C. de Chaisemartin, T. Ponchon, J. Rivory, M. Giovannini, M. Pioche

Introduction

L’évaluation du risque ganglionnaire est devenu un enjeu majeur pour poser une indication opératoire complémentaire chez les patients ayant eu résection endoscopique d’un cancer colorectal superficiel. Ce risque est évalué à partir de plusieurs critères (profondeur d’envahissement, différenciation, embole, budding,marges profondes) et leur présence indique une chirurgie complémentaire en raison d’un risque ganglionnaire non négligeable. Il est donc indispensable de déterminer s’il existe des sous-groupes pour lequel la chirurgie pourrait être évitée. 

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude bicentrique rétrospective ayant inclus les patients ayant eu une résection endoscopique ou chirurgicale d’un adénocarcinome colorectal pT1sm2 entre 2012 et 2018 à l'Institut Paoli Calmettes (Marseille, France) et à l'Hôpital Edouard Herriot (Lyon, France). 

Nous avons fait le choix d’évaluer trois groupes : 

-       1er groupe : le groupe « supposé de bon pronostic »(SBP) incluait les patients ayant eu une résection endoscopique (RE) seule avec les 5 critères de bon pronostic histologiques : bien différencié, pas d’embole vasculaire, pas d’embole lymphatique, pas de budding, marges profondes saines ; ceux opérés d’emblée avec un adénocarcinome pT1sm2 avec ces 5 mêmes critères et ceux ayant une RE avec chirurgie complémentaire et une histologie pT0N0. 

-       2nd groupe :  « résection endoscopique supposée efficace »:

Patients avec RE non opérée et ayant l’ensemble des 5 critères de bon pronostic, ceux ayant une RE avec chirurgie complémentaire et histologie pT0N0 avec tous les critères de bon pronostic et des marges saines profondes

-       3ème groupe : Résection endoscopique seule avec les 5 critères de bon pronostic. 

 

L’objectif principal était d’évaluer le taux de survie sans récidive à 12 et 18 mois, chez tous les patients et dans les sous-groupes pré-définis

Les objectifs secondaires étaient d’évaluer le risque ganglionnaire et/ou métastatique des adénocarcinomes colorectaux pT1sm2 opérés, de déterminer le taux de morbidité des résections endoscopiques et chirurgicales et d’évaluer le taux de rémission complète à 12 mois ( définie comme l’absence de récidive locale non traitée endoscopiquement ou à distance dans les 12 premiers mois)

Résultats

69 patients ont été inclus (36 femmes et 33 hommes) avec un âge médian de 68 ans (51-88). Le suivi médian était de 18 mois.

52 patients répondaient aux critères SBP, 12 à ceux de "résection endoscopique supposé efficace" et 6 avaient une résection endoscopique seule. 

La survie sans rechute globale était de 96% à 12 mois et de 91% à 18 mois. La survie sans rechute dans le groupe SBP était de 100% à 12 mois et 96% à 18 mois contre 85% et 75% pour ceux ne répondant pas aux critères de ce groupe (HR à 0,10 [0.01,0.93] ; p<0,044). Les patients du groupe « résection endoscopique supposée efficace » avait un taux de survie sans rechute à 12 mois et 18 mois de 100% et 80% contre 96 et 93% pour ceux n’ayant pas les critères de ce groupe (p =0,631). 

Sur les 6 patients ayant eu une RE seule avec l'ensemble des critères histologiques, 2 ont présenté une récidive locale traitée endoscopiquement sans récidive ultérieure locale ou à distance (Suivi moyen 31 mois)  

Le taux de rémission à 12 mois de l’ensemble des patients était de 96% et ce taux était de 100% pour chaque groupe. Le taux d'envahissement ganglionnaire chez les patients opérés était de 6,5 %. Le taux de complication des résections endoscopiques était de 6% (toutes traitées endoscopiquement) et de 4 % pour les complications chirurgicales.

Discussion

Conclusion

La résection endoscopique d’un adénocarcinome pT1sm2 ayant l’ensemble des critères de bon pronostic pourrait être un bon candidat pour éviter une chirurgie complémentaire. Cependant, un suivi plus long et plus de patients sont nécessaires pour mieux évaluer cette approche. 

Remerciements