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CO0 - Rôle du stress dans la perméabilité intestinale : implication dans les maladies inflammatoires cryptogenetiques de l'intestin (MICI)

Jacquier-Sarlin Muriel, Pampillonia M, Lainé M, Oddou C, Marie C, Pellissier S, Canini F, Maury R, Cristina N, Sinniger V, Bonaz B
Introduction

Plusieurs travaux suggèrent que le stress est impliqué dans la physiopathologie des maladies inflammatoires cryptogénétiques de l'intestin, mais le mécanisme est mal connu. Le corticotropin-releasing factor (CRF) et ses analogues, les Urocortines (Ucn), sont les principaux neuromédiateurs du stress. Leur effet dépend d'interaction avec des récepteurs au CRF (CRFR1 et CRFR2) qui sont exprimés au niveau du cerveau mais aussi de nombreux tissus périphériques, suggérant des rôles différents selon leur localisation. Notre étude a pour objectif de déterminer par quel mécanisme le stress, et donc le CRF et les Urocortines, pourraient agir sur l'homéostasie intestinale et, en particulier, comprendre si le stress est à l'origine de la maladie ou est responsable de son amplification.
 

Matériels et Méthodes

Notre étude porte sur des cellules HT-29 (modèle in vitro) et sur un modèle de colite chronique au Dextran Sulfate Sodium (DSS) chez le rat (modèle in vivo) . Un stress supplémentaire de contention sera envisagé ultérieurement. Nous avons utilisé des approches biochimiques (western blot) pour analyser l'expression des récepteurs des CRF et des molécules d'adhérence sur les cellules épithéliales prélevées à partir de l'intestin des rats et après exposition des cellules HT-29 à différents médiateurs de la réponse inflammatoire (H2O2, neuropeptides : Ucn1, CRF, CRF1 et CRF2).
 

Résultats

L'utilisation d'anticorps anti-CRF-R indique que les cellules HT-29 expriment plusieurs isoformes des ces récepteurs : les isoformes de hauts poids moléculaires (> à 40 kDa) sont transmembranaires, mais il existerait également des formes insolubles de petits poids moléculaires présentes dans le cytosol. L'identification de ces isoformes est en cours de caractérisation par PCR. D'autre part, l'expression de l'isoforme de 40 kDa est régulée positivement sous l'effet du stress oxydant et du peptide CRF2. Cette augmentation du récepteur au CRF2 s'accompagne d'une augmentation de l'expression des E-cadhérines, caractéristique des zones inflammatoires actives. Ces résultats sont confirmés par l'approche in vivo au cours de laquelle on observe une augmentation de l'expression des E-cadhérines au niveau du colon distal par apport au proximal chez les rats traités au DSS.
 

Conclusion

Les donnés obtenues (in vivo et in vitro) soulignent un rôle direct des médiateurs de l'inflammation, comme l'H2O2, dans le contrôle du niveau d'expression des récepteurs au CRF (en particulier l'isoforme de CRF-R2 correspondant à un poids moléculaire de 40 kda). L'activation de ce récepteur après fixation du ligand CRF2 régulerait le niveau d'expression des molécules d'adhérence et donc la perméabilité intestinale. Les résultats obtenus suggèrent un rôle plutôt pro-inflammatoire du CRF2 au niveau de l'intestin, comme cela a été récemment décrit. Le mécanisme d'action du CRF-R2 et les conséquences de son activation sur le développement de la réponse inflammatoire intestinale restent à clarifier.