JFHOD

CO.60 - Surprescription d’IPP en milieu gériatrique

B. Anon, M.C. Lanoue, A. Aubourg, L. d'Alteroche, J.P. Barbieux, M. Caulet, T. Lecomte, C. Nicolas, L. Picon, D. Regnault, D. Moussata, H. de Bouët du Portal

Introduction

Les inhibiteurs de la pompe à protons ont révolutionné le monde de la gastro-entérologie notamment dans la prise en charge de l’ulcère gastro-duodénal. De nombreuses données sont désormais disponibles sur les risques de la prise de ces médicaments au long court. Chez les sujets âgés, souvent poly-médiqués, les IPPs peuvent être également responsables d’interactions médicamenteuses à l’origine d’effets secondaires non négligeables. L’objectif de cette étude était d’évaluer les pratiques de prescriptions d’IPPs chez des patients âgés en court/moyen et long séjours gériatriques afin de sensibiliser les médecins gériatres à une dé-prescription éventuelle.

Patients et Methodes

Etude prospective observationnelle de pratique réalisée entre juillet et octobre 2017 dans 27 établissements de court/moyen et long séjours gériatriques. Les informations étaient collectées à l’aide d’une grille standardisée, après analyse des dossiers par les médecins en charge des patients. Les données suivantes étaient collectées : indication, posologie, durée de prescription corrélées aux recommandations de l’HAS sur la prescription des IPPs.

Résultats

Au total 1087 dossiers ont été analysés représentant 595 patients en court/moyen séjour et 492 en long séjour. L’âge était supérieur à 80 ans dans 70 et 84% des patients en court/moyen et long séjours avec un âge > 90 ans dans 25 et 42%, respectivement. On notait plus de 7 lignes de traitement dans 83% et 74% des patients en court/moyen et long séjour, respectivement. Parmi les 229 et 218 résidents en court/moyen et long séjours qui avaient au moins 1 antiagrégant plaquettaire, 83 et 86% avaient de l’aspirine, respectivement. La majorité des patients, >92 et 97% des patients en court/moyen et long séjour, respectivement, n’avaient pas d’AINS ou corticoïdes. Les IPP étaient non indiqués ou prescrits pour une indication inconnue chez 72% et 66% des patients de court/moyen et long séjour, respectivement. La durée et la posologie étaient conformes dans 61% des patients en court/moyen séjours. Chez les patients en long séjour, la durée et la posologie était conforme dans 30 et 26% des cas seulement.

Discussion

Conclusion

La prescription d’IPP est souvent non adaptée chez les sujets âgés ce qui nécessite la mise en place d’un protocole de dé-prescription des IPPs qui reste à évaluer.

Remerciements