JFHOD

CO.058 - Surveillance de la résistance de Helicobacter pylori aux antibiotiques et évolution durant les 5 dernières années

F. Mégraud, C. Alix, L. Benejat, A. Ducournau, E. Bessede, P. Lehours

Introduction

La connaissance de la sensibilité aux antibiotiques qui évolue dans le temps est un élément essentiel dans la prise en charge de l'infection à Helicobacter pylori. Le but de cette étude a été de déterminer la sensibilité aux principaux antibiotiques utilisés pour cette infection en 2018 en France et de la comparer à celle observée dans deux études précédentes (2014 et 2016) menées sur le même protocole.

Patients et Methodes

Il s'agit d'une étude observationnelle multicentrique. Des gastroentérologues ont été sélectionnés au hasard dans 7 grandes régions métropolitaines pour recruter des patients adultes (maximum 1000) chez qui une fibroscopie était programmée. Les biopsies (antre et fundus) étaient transportées en voiture réfrigérée et traitées au CNR des Helicobacters. Après broyage un ensemencement était réalisé sur 2 milieux sélectifs incubés à 37°C en atmosphère microaérobie durant un maximum de 10 jours. Les tests d'identification étaient pratiqués sur les colonies suspectes ainsi qu'un antibiogramme par Etest (clarithromycine, lévofloxacine, métronidazole, amoxicilline) ou disque (tétracycline, rifampicine). En parallèle un PCR en temps réel maison ciblant l'ADNr 23S était effectuée pour détecter H. pylori et les éventuelles mutations associées à la clarithromycine.

Résultats

Finalement 73 médecins ont été recrutés et ont inclus 964 patients : hommes 44,3 %, âge moyen 52,4 ans. H. pylori a été détecté chez 368 par culture et 377 (39,1 %) par PCR. Parmi ces 377 cas positifs, 235 n'avaient jamais reçu de traitement d'éradication. Le taux de résistance à la clarithromycine pour ces 235 était de 21,7 %, légèrement supérieur à celui de 2016 (20,3 %) et proche de celui de 2014 (22,2 %). En revanche la résistance à la lévofloxacine est en augmentation (7,4 %, 10,3 % et 17,9 %, respectivement en 2014, 2016 et 2018), ainsi que celle au métronidazole (45,9 %, 54,2 % et 58,7 %). Les cas de résistance à l'amoxicilline et à la rifampicine sont restés inférieurs à 1 % et aucune résistance à la tétracycline n'a été observée, ni d'ailleurs chez les malades ayant eu un échec du Pylera®.

Discussion

Conclusion

En conclusion, on observe une stabilisation de la résistance à la clarithromycine aux environs de 20 %, ce qui justifie la nécessité de tester cet antibiotique avant de l'utiliser.

La résistance à la lévofloxacine et au métronidazole sont en nette augmentation.

Une quasi absence de résistance est notée pour les autres antibiotiques.

Remerciements

Nous remercions les laboratoires Allergan qui ont soutenu cette étude et la société Umanis qui était en charge de l'organisation.