JFHOD

CO0 - Surveillance de l'échinococcose alvéolaire en France : bilan de cinq années d'enregistrement, 2001-2005

Piarroux Martine, Piarroux M, Capek I, Knapp J, Watelet J, Dumortier J, Abergel A, Minello A, Godet C, Gérard A, Beytout J, Vuitton D, Piarroux R, Kantelip B, Delabrousse E, Vaillant V, Bresson-Hadni Solange, Le Réseau Francechino PR
Introduction

L'échinococcose alvéolaire (EA), caractérisée par une grande latence clinique et un mode évolutif comparable à celui d'un cancer à marche lente, était, jusqu'à la fin des années 70, régulièrement létale. Son pronostic s'est bien amélioré grâce à des diagnostics plus précoces et des progrès thérapeutiques (chirurgie, radiologie interventionnelle et utilisation de l'albendazole [ABZ]). Un réseau européen, constitué en 1997, avait permis de répertorier 266 cas incidents d'EA en France entre 1982 et 2000. A partir de 2001, le relai de cette surveillance a été pris par le réseau national FrancEchino. Ce travail rapporte les résultats des données recueillies pour les cas incidents d'EA de la période 2001-2005, et les compare à ceux obtenus entre 1982 et 2000.
 

Matériels et Méthodes

Des partenaires multiples, médecins et pharmaciens impliqués dans le diagnostic et le traitement de l'EA, ont été interrogés tous les ans. Tous les cas probables ont été recensés en fonction d'au moins un de ces 4 critères : 1/ sérologie spécifique positive ; 2/ données d'imagerie ou 3/ examen anatomo- pathologique compatible ; 4/ traitement par ABZ pendant plus de 3 jours consécutifs. Un cas était considéré comme certain lorsqu'il était confirmé soit par sérologie Western blot, soit par examen anatomo-pathologique, soit par amplification génomique. Pour chaque nouveau cas, les données ont été recueillies au moyen d'un questionnaire standardisé. Les comparaisons avec les résultats de la période 1982-2000 ont été réalisées avec un test du chi2. Les données de divers organismes publics ont permis d'établir les risques relatifs (RR) encourus par l'ensemble des patients pour différents facteurs.
 

Résultats

Entre 2001 et 2005, 73 cas incidents d'EA (52 certains et 21 probables) ont été recensés. L'âge moyen (58 ans), le sexe ratio (0,9) et l'incidence (12 cas par an) étaient stables. Dans 27 % des cas, l'EA était asymptomatique. L'atteinte du foie concernait 97 % des cas. Trois cas se présentaient comme extra-hépatiques. L'ABZ était administré dans 86 % des cas (versus [vs] 54 % pour la période antérieure, p < 0,01). Une résection partielle à visée curative a été possible dans 30 % des cas (vs 20 %, non significatif). Un patient a reçu une transplantation hépatique (vs 26 patients, p < 0,05). Cinquante-six patients vivaient en zone d'endémie habituelle (Franche-Comté : 17 ; Lorraine : 17 ; Rhône-Alpes : 10, Auvergne : 7, Champagne-Ardenne : 5). Des patients ont par ailleurs été repérés dans de nouveaux secteurs, en particulier la Côte-d'Or (6 cas), et la Lozère et l'Aveyron (4 cas). Le risque d'EA apparaissait plus élevé dans le monde agricole (RR 13 [9-20]), chez les propriétaires de potagers (RR 13 [9-31]) ou de chiens (RR 7 [5-10]) et chez les chasseurs (RR 8 [5-12]).
 

Conclusion

L'EA reste, en France, une zoonose rare, d'incidence stable. Les circonstances de diagnostic sont superposables à celles de la période antérieure avec près d'un tiers des cas asymptomatiques. L'ABZ est beaucoup plus systématiquement utilisé. Un élargissement de la zone d'endémie est confirmé et justifie une information plus large des praticiens au diagnostic de cette parasitose.