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CO.051 - Survie des patients atteints de cholangiocarcinome intra-hépatique : étude dans un département français de 2005 à 2017

G.A. Garcia, M. Cariou, N. Reboux, T. Kermarrec, S. Bouzeloc, M. Robaszkiewicz, L. Quénéhervé, J.B. Nousbaum

Introduction

Le cholangiocarcinome (CC) représente 2 % des cancers digestifs et 10-15% des cancers primitifs du foie. L'incidence du cholangiocarcinome intrahépatique (CCi) est en augmentation ; il s’agit d’un cancer de mauvais pronostic avec une survie médiane de 9 à 15 mois en cas de non-résécabilité.  L’association de gemcitabine et cisplatine est devenue le standard thérapeutique pour les tumeurs non résécables à partir de 2010. L’intérêt d’une chimiothérapie adjuvante par capecitabine après résection R0 a été montré plus récemment en 2019. L'objectif de l'étude était d'analyser la survie des patients atteints de CCi dans notre département entre 2005 et 2017.

Patients et Methodes

Les patients atteints de CCi diagnostiqués entre 2005 et 2017 ont été inclus à partir du registre des tumeurs digestives du département étudié. Le CC extra-hépatique, les cancers de la vésicule biliaire et les ampullomes ont été exclus. L'analyse rétrospective des dossiers a permis de collecter de manière exhaustive les différents critères recherchés. Compte tenu de la période d’étude, la 7ème version de la classification TNM AJCC-UICC  (2010) a été utilisée pour évaluer l’extension tumorale des CCi. Les analyses ont porté sur : la survie globale, la survie en fonction du sexe, de la période de diagnostic (2005-2011, 2012-2017), du stade de la tumeur, du type de traitement et des sous-types de tumeurs (CC ou hépato-cholangiocarcinome).

Résultats

Sur un total de 503 patients atteints de CC, 276 patients avaient un CCi.  La proportion de Cci diagnostiqués aux stades I, II, III, IVA et IVB était respectivement de 11,6%, 13,0%, 2,9%, 12,0% et 57,6% (stade inconnu dans 2,9% des cas). Les CCi étaient plus fréquemment diagnostiqués au stade IVB au cours de la 2ème période de l’étude que lors de la première période, mais la différence n’était pas significative (64,0% vs 53% ; p=0,08). Un traitement à visée curative a été réalisé dans 21,0% des cas, un traitement palliatif dans 50,4% des cas et des soins de confort ont été apportés dans 27,9% des cas (données manquantes : 0,7%).

La survie médiane des patients était de 8,3 mois avec des taux de survie à 1, 3 et 5 ans de 39,5%, 15,4% et 9,6 % respectivement. La survie médiane des patients était comparable entre les hommes et les femmes. La survie globale était plus longue au cours de la première période qu’au cours de la 2ème période, mais la différence n'était pas statistiquement significative (médiane 9,9 mois vs. 6,6 mois ; p= 0,058). La médiane de survie globale était significativement différente entre le stade I (médiane non atteinte) et le stade IVB (4,9 mois) (p <0,0001). Chez les patients recevant un traitement curatif, la survie médiane était de 54,0 mois (IC 95% 37,62-NA), contre 8,7 mois (IC 95% 6,44 -10,3) en cas de traitement palliatif et 1,7 mois (IC 95% 1,48 - 2,4) en cas de soins de support (Fig. 1). Il n'y avait pas de différence significative de survie globale des patients ayant reçu une chimiothérapie à un stade équivalent entre les deux périodes. Quatorze hépato-cholangiocarcinomes ont été diagnostiqués, la survie médiane de ces malades était de 12,3 mois contre 7,7 mois chez les patients atteints de CCi, mais la différence n’était pas significative (p=0.096).

Discussion

Conclusion

Dans notre étude en population générale, la majorité des CCi étaient diagnostiqués à un stade avancé avec un très mauvais pronostic. La proportion de formes métastatiques de la maladie était plus importante durant la seconde période de l’étude, ce qui avait un impact sur la survie mais de manière non significative. En revanche, un stade précoce de la maladie et une prise en charge curative étaient associés à meilleur pronostic. Les efforts doivent donc porter sur le dépistage au cours des hépatopathies chroniques.

Remerciements