JFHOD

P244 - Syndrome Plummer-Vinson. Aspects épidémiologiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs

Fall Fatou, Ndiaye Abdou Rajack, Ndiaye Bineta, Gning Sara Boury, Abdourahmane Niang, Diakhaté Ibrahima Cissé, Mbaye Pape Saliou
Introduction

Défini dans sa forme complète par l'association d'une dysphagie, d'un diaphragme muqueux de l'œsophage cervical et d'une carence martiale, le syndrome de Plummer-Vinson (SPV) a été largement décrit dans les pays scandinaves et anglo-saxons. En Afrique noire, seuls quelques cas cliniques isolés ont été rapportés. L'objectif de cette étude était de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs du SPV.
 

Patients et Méthodes

Etude rétrospective, descriptive, réalisée de Mai 1997 à Mai 2007.
Critères d'inclusion : tout patient hospitalisé dans les services de Médecine ou Gastroentérologie pour une dysphagie sidéropénique.
 

Résultats

Quarante patients ont été inclus. L'âge moyen était de 34,6 ans (10 - 79 ans), le sex-ratio de 0,08. La dysphagie était constante. Le délai moyen de consultation était de 3 ans (1 - 10 ans). Des antécédents d'hyperménorrhée était notés dans 12 cas (30 %), une multiparité dans 12 cas (30 %) et une nulliparité dans 10 cas (25 %). L'examen clinique montrait une altération constante de l'état général, une chéilite dans 15 cas (37 %), une koïlonychie dans 7 cas (17,5 %) et une carie dentaire dans 6 cas (15 %). La valeur moyenne de l'hémoglobine était de 7,7 g/dl, celle du volume globulaire moyen de 64 μ3. Le taux moyen de fer sérique était de 0,29 mg/L, celui de la ferritine de 7,9 μg/l. L'endoscopie digestive haute montrait toujours un diaphragme muqueux ou une sténose sans diaphragme de l'œsophage cervical. Le transit baryté oesophagien (28/40) objectivait une sténose courte et régulière dans tous les cas. Une cause organique de carence martiale n'était objectivée que chez 3 patientes qui présentaient des myomes utérins avec hyperménorrhée. Le traitement comportait une recharge en fer systématique. Une dilatation aux bougies était réalisée chez 31 patients (77 %). Dans 6 cas (15 %), l'effondrement des membranes était obtenu au cours de l'endoscopie initiale et 3 malades (7,5 %) avaient bénéficié d'un traitement martial exclusif. L'évolution à court terme (0 - 6 mois) était marquée par une disparition de la dysphagie, une amélioration de l'état général et une correction des anomalies biologiques. Une récidive de la dysphagie était observée chez 7 patients (17,5 %) ayant bénéficié d'une dilatation. Elle survenait à court terme dans 3 cas, à moyen terme (6 - 12 mois) dans 2 cas et à long terme (> 12 mois) dans 2 cas. Une 2ème dilatation était efficace dans la plupart des cas. Une seule patiente présentait une récidive persistante de la sténose œsophagienne malgré 7 dilatations en 6 ans.
 

Conclusion

Le SPV atteint surtout la femme en âge de procréer. Sa fréquence reste cependant rare dans un contexte où les anémies ferriprives sont très fréquentes. Ceci pose le problème de sa pathogénie qui demeure encore obscure même si des liens de causalité avec la carence en fer ont été bien établis. Les malades doivent bénéficier d'une surveillance endoscopique au long cours car cette entité est reconnue comme une condition précancéreuse.