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P0 - Tendances évolutives des taux de survie des tumeurs endocrines malignes : étude de population en Angleterre et au Pays de Galles de 1986 à 1999

Lepage Come, Rachet B, Coleman Mp
Introduction

Du fait de leur faible taux d’incidence, peu de données provenant d’une base de population sont disponibles sur les tumeurs endocrines digestives malignes. Notre objectif était de décrire les tendances évolutives des taux de survie de ces tumeurs en Angleterre et au Pays de Galles et de mettre en évidence des facteurs pronostic.

Patients et Méthodes

L’Office for National Statistics répertorie tous les cas de cancers diagnostiqué en Angleterre et au Pays de Galles. Nous avons inclus les tumeurs endocrines digestives malignes survenus entre 1986 et 1999. Les taux de survie ont été calculés par sexe, age, période de diagnostic, catégorie socioprofessionnelles, localisation et histologie. Une analyse multivariée de la survie relative a été réalisée séparément pour les tumeurs bien différenciées et pour les tumeur peu différenciées.

Résultats

Les tumeurs endocrines peu différenciées représentaient 21,2 % des 4104 cas inclus. Globalement les taux de survie relative à 5 et 10 ans étaient respectivement de 45,9 % et 38,4 % . Les taux de survie relative à 5 ans étaient de 56,8 % pour les tumeurs bien différenciées et de 4,5 % pour les tumeurs peu différenciées (p<0,0001) . Parmi les tumeurs pancréatiques bien différenciées, les taux de survie relative à 5 ans étaient de 49,6 % pour les insulinomes, 39,9 % pour les gastrinomes, 17,1 % pour les glucagonomes, 26,3 % pour les tumeurs carcinoides et 34,3 % pour les tumeurs non fonctionnelles. Il n’y avait pas de différence de survie entre les diverses catégories socio-économiques. Les tumeurs coliques étaient celles qui avaient les taux de survie les plus élevés tandis que les plus bas étaient retrouvés pour les tumeurs oesophagiennes. Il n’y avait pas de variation significative du pronostic entre 1986 et 2001. Quelque soit le niveau de différenciation, les femmes et des patients les moins âgés étaient ceux qui avaient la meilleur survie ; après ajustement sur les variables disponibles, le sexe, l’age et la localisation restaient des facteurs pronostic significatifs indépendant.

Conclusion

Cette étude confirme que les tumeurs endocrines digestives sont des cancers rares dont le pronostique est plus sombre que ne le suggéraient les statistiques hospitalières. Le pronostique varie de manière fondamentale en fonction du niveau de différenciation cellulaire, et de la localisation. A cours terme, le développement de nouveaux traitements adjuvants ou palliatifs, au travers d’essais thérapeutiques, paraît être le meilleur moyen d’améliorer les taux de survie.