JFHOD

C.059 - Traitement de la fissure anale chronique par la toxine botulique

S. Kordjani, S. Guelmami, F. Senoussi, N. Bouressam, F. Yahiaoui, W. Menni, D. Kezzoula, K. Saidani, K. Amalou, F. Belghanem, A. Bousseloub

Introduction

Le choix thérapeutique de la fissure anale chronique est difficile devant le grand nombre d’options existantes.

Le But de cette étude est d’évaluer l’efficacité du traitement de la fissure anale chronique par la toxine botulique (TB).

Patients et Methodes

Entre mai 2017 et juin 2019, deux cents treize (213) patients, (150 hommes et 63 femmes), d’âge moyen de 36.15 ans (18-66ans), et souffrant de fissures anales chroniques résistantes aux dérivés nitrés, sont inclus dans une étude ouverte prospective et ont été traité par l’injection de 100 UI de toxine botulique A (TBA). Le critère de jugement principal est la cicatrisation de la FAC; le critère de jugement secondaire est la disparition de la douleur avec ou sans persistance de la fissure. Les résultats cliniques et manométriques ont été analysés.

Résultats

Après un suivi minimum de 6 mois ; La cicatrisation globale a été de 70,4% et la disparition de la douleur a été de 82% avec une valeur moyenne de l’échelle visuelle analogique de la douleur (EVA) de 0.826 vs 8.54 avant toute injection. Sur le plan manométrique on a constaté une diminution significative des pressions anales de repos et des amplitudes des contractions volontaires.

Les principaux effets secondaires sont une incontinence anale active transitoire aux gaz dans 7% et une thrombose hémorroïdaire externe dans 4.2%. L'anisme est retrouvé chez 4 patients, contre 26 avant l’injection.

Il n'y a aucune différence entre les répondeurs ou non répondeurs en termes d'âge, de consommations excessive d’excitants, d’intoxication alcolo-tabagique, d’antécédents de chirurgie proctologique, l’aspect de la fissure, et la durée dévolution des symptômes.

Le sexe féminin, l’amélioration des troubles du transit, une valeur basse de l’échelle de l’anxiété, un indice de masse corporel (IMC) correct, la régression de la douleur lors de la première visite post injection, une hypertonie anale de repos avant l’injection et une réinjection, constituent des facteurs prédictifs de bonne réponse.

Par contre ; le sexe masculin, un IMC élevé, une personnalité anxieuse, le prurit anal, la persistance de trouble de transit, l`hypertonie anale de repos, la présence de douleur lors de la première visite après l’injection, une régression minime de l’amplitude des contractions volontaires; représentent des facteurs de non réponse ou de résistance à la toxine botulique.

Discussion

Conclusion

Nos résultats sont très encourageants à cout et à moyen terme, pour le traitement de la fissure anale chronique par la toxine botulique qui doit être incluse dans son algorithme thérapeutique.

D’autres études sont nécessaires pour évaluer l’efficacité de ce traitement d’épargne sphinctérien à long terme.

Remerciements