JFHOD

P.061 - Traitement des rectites radiques hémorragiques par électrocoagulation au plasma argon : résultats et complications d'une expérience universitaire

K. Loubaris, H. Seddik, A. Aomari, H. Boutallaka, S. Mrabti, M.M. Samy, T. Addajou, A. Benhamdane, A. Sair, R. Berraida, I. El Koti, S. Sentissi, A. Benkirane

Introduction

La rectite radique hémorragique (RRH) est une complication fréquente, de gravite variable, survenant quelques mois après l’arrêt de l’irradiation pelvienne mais qui peut aussi se manifester plusieurs années après.  L’objectif de ce travail est d’étudier l'apport de la coagulation au plasma argon (APC) dans la prise en charge des RRH

Patients et Methodes

Il s’agit d´une étude rétrospective et descriptive menée entre janvier 2009 et décembre 2018 incluant 46 patients ayant une RRH. La technique utilisée était une électrocoagulation monopolaire par du plasma argon sans contact avec la muqueuse

Résultats

L’âge moyen de nos patients était de 59 ans avec des extrêmes allant de 46 à 79 ans. Le sex ratio H/F était de 1.1. Les patients n’ont pas d’antécédents de maladie cardiovasculaire ni de prise d’anticoagulants, d’antiagrégants plaquettaires ou d'AINS.

Le maître symptôme de la RRH  était des rectorragies retrouvées chez tous nos patients, celles-ci étaient de faible abondance dans 78% des cas, de moyenne abondance dans 17% des cas et de grande abondance dans 4,3% des cas. Le score clinique de gravité de chutckan était en moyenne de 3.1. 82% des patients avaient un syndrome anémique et le taux moyen d’hémoglobine était de 9.6 g/dl.

La radiothérapie était indiquée pour un cancer de la prostate dans 51% des cas, cancer du col dans 42.2% des cas, cancer du rectum dans 3% des cas et cancer de l’anus dans 2.3% des cas. Le délai moyen d’apparition de la RRH après irradiation pelvienne était de 11 mois.

Le diagnostic de RRH était confirmé par rectosigmoidoscopie chez tous nos patients et ont été tous traités par APC. Le nombre moyen de séance nécessaire à la disparition des rectorragies était de 2,2 avec des extrêmes allant de 1 à 6 séances. La durée moyenne de suivi était de 9 mois. L’évolution était marquée par la disparition totale des rectorragies dans 74,2% des cas avec nette diminution du score clinique de Chutkan de 3,1à 0,65. Seuls 11 patients ont gardé des rectorragies minimes occasionnelles sans retentissement hémodynamique. Le taux d’Hémoglobine est passé d’une moyenne de 9.6 g/dl à 12,2 g/dl et le contrôle endoscopique a montré une nette amélioration des lésions rectales télangiectasiques. Aucune récidive hémorragique importante n’a été mentionnée et aucune complication de l’APC à court terme ou à long terme n’a été rapportée dans notre étude.

Discussion

Conclusion

Le traitement endoscopique par électrocoagulation au plasma argon des RRH donne de bons résultats en termes d’efficacité, de tolérance et de sécurité ce qui confirme son indication en première intention dans la prise en charge des RRH. 

Remerciements