JFHOD

P.196 - Traitement endoscopique des cancers superficiels de l’œsophage en 2019 : résultats préliminaires d’une étude prospective multicentrique

M. Verdier, N. Chapelle, M. Barret, U. Chaput, J.B. Chevaux, G. Rahmi, V. Lepilliez, G. Vanbiervliet, S. Hakim, S. Koch, T. Wallenhorst, M. Wangermez, C. Bossard, J.F. Mosnier, E. Coron

Introduction

Le cancer de l’œsophage est de mauvais pronostic avec un taux de survie à 5 ans estimé à 15%, en raison d’un diagnostic à un stade avancé. Diagnostiqué précocement et traité endoscopiquement, la survie à 5 ans est proche de 90%, similaire à une résection chirurgicale pour un taux de complication moindre. Les techniques de résection endoscopique des lésions superficielles œsophagiennes pratiquées couramment en Asie, sont d’introduction plus récente en France. ll existe peu de données concernant leur efficacité et le devenir des patients. L’objectif de cette étude était de décrire la prise en charge en pratique courante des patients ayant une résection endoscopique pour dysplasie de haut grade ou cancer superficiel de l’œsophage.

Patients et Methodes

Au total, 28 services de Gastro-entérologie (membres du GRAPHE/SFED) participaient à cette étude prospective. Tous les patients avec dysplasie de haut grade ou cancer superficiel de l’œsophage prouvé histologiquement (adénocarcinome ou carcinome épidermoïde) et naïfs de traitement antérieur étaient incluables. Les critères d’exclusion étaient les suivants : traitement antérieur (endoscopique, chirurgical ou radio-chimiothérapie) d’un cancer de l’œsophage, absence de signature du consentement, patient sous tutelle ou curatelle et grossesse. Les données suivantes étaient recueillies : la caractérisation optique pré-thérapeutique, la technique de résection, les résultats anatomopathologiques, la morbi-mortalité de la procédure et la qualité de vie (évaluée à l’aide des questionnaires SF-36, Dysphagia questionnaire et Reflux Disease Questionnaire).

Résultats

Entre janvier et août 2019, 32 patients ont été inclus (sexe ratio H/F 3.4, âge moyen 65,5 ans). Un reflux gastro-œsophagien était le mode de découverte le plus fréquent de ces lésions (31%), suivi d’une découverte fortuite (16%). Avant la résection, 64% des patients ont eu une écho-endoscopie. Les colorations virtuelles et réelles ont été utilisées dans 73% et 32% des cas, respectivement. Sur les 37 lésions réséquées, 62% étaient développées sur endobrachyœsophage et 38% sur muqueuse épidermoïde. Elles correspondaient à des cancers dans 52% et 85% des cas, respectivement. La majorité (81%) des lésions ont été réséquées par dissection sous-muqueuse. La résection était macroscopiquement complète dans 78% des cas. Après analyse histologique, 50% des résections étaient curatives selon la classification japonaise. Ce taux était significativement meilleur pour les lésions développées sur muqueuse de Barrett que sur muqueuse épidermoïde (68% VS 27%, p=0,037).  La technique de résection n’avait pas d’influence (p=0,085). Pour les lésions épidermoïdes, les résections non curatives étaient liées à la présence d’une invasion lympho-vasculaire (45%), des marges de résection R1 (latérales 18%, profonde 36%) et une proportion importante de lésions sm1 ou sm2 (46%) dans la classification histologique japonaise. Après résection endoscopique, 90% des patients ont été présentés en RCP (6 opérés secondairement, un patient a eu une radiochimiothérapie et 4 une surveillance simple en raison de comorbidités importantes).

Dix-neuf pourcents des patients ont eu une complication précoce (hémorragie 16%, perforation 5%) et 36% une complication tardive (sténose œsophagienne 16%, hémorragie 4%), toutes traitées endoscopiquement. Le taux de complication n’était pas dépendant du type histologique (p=0,688) ou du traitement endoscopique (p=0,602).

Il n’existait pas de différence significative concernant la qualité de vie et les symptômes de reflux avant et un mois après traitement. En revanche, les scores concernant le questionnaire de dysphagie étaient plus élevés en post-procédure immédiat (p=0,002).

Discussion

Conclusion

La résection endoscopique des cancers superficiels de l’œsophage concerne de plus en plus de patients en France, avec un taux faible de complications. Une meilleure sélection des patients éligibles à un tel traitement via une meilleure caractérisation optique de ces lésions pourrait permettre d’améliorer les taux de résection curative. A moyen et long terme, cette étude fournira des données concernant la survie, le taux de récidive et la qualité de vie de ces patients.

Remerciements

Remerciements à la SNFGE pour le soutien à cette étude via l’obtention du financement FARE.