JFHOD

P.055 - Traitement endoscopique des ulcères gastroduodénaux : profil clinique et évolutif

H. Ismail, F.Z. Cheikhna, A. Bellabah, M. Tahiri Joutei Hassani, F. Haddad, W. Hliwa, W. Badre

Introduction

L’ulcère gastroduodénal (UGD) est la première cause d’hémorragie digestive haute. L’hémostase endoscopique a bouleversé la prise en charge de ces ulcères évitant une intervention chirurgicale à but hémostatique. L’objectif de notre étude est de décrire le profil clinique et évolutif des patients ayant bénéficié d’un traitement endoscopique de l’UGD hémorragique.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective sur une période de 18 mois (Janvier 2018-Juin 2019) colligeant l’ensemble des patients hospitalisés en urgence pour hémorragie digestive haute, chez qui un UGD hémorragique a été retrouvé à la gastroscopie.

Résultats

54 patients ont été hospitalisés pour UGD hémorragique, l’âge moyen était de 50 +/- 15 ans. On note une nette prédominance masculine avec un sex-ratio à 4.4. Un tabagisme actif a été retrouvé chez 48.1% des patients, un antécédent d’UGD, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et la prise d’aspirine concernaient respectivement 20%,22% et 11% des patients. 55,6% présentaient une hémorragie digestive sans épigastralgies,  47.2% présentaient un syndrome anémique mal toléré. La moyenne de l’hémoglobine à l’admission du groupe ayant bénéficié  d’une hémostase endoscopique était de 5.4 g/dl, inférieure au groupe n’ayant pas nécessité de traitement endoscopique avec un taux de 6.7 g/dl  mais sans différence significative (p=0.051). Tous les patients ont reçu les inhibiteurs de la pompe à protons par voie intraveineuse dès leur admission. L’UGD était localisé au niveau du bulbe dans 81% des cas dont 43% au niveau de la face antérieure et 25% au niveau de la face postérieure. Un traitement endoscopique a été indiqué chez 22 malades avec un UGD Forrest Ib dans 59% des cas (n=13), Forrest IIb dans 23% (n=5) et Forrest Ia chez 18% d’entre eux. Six malades, soit 27% n’ont pas bénéficié d’hémostase endoscopique du fait d’une localisation difficile de l’ulcère pour 2 patients et du fait de la présence à la gastroscopie d’un lac sanglant au niveau de l’estomac  empêchant de localiser l’origine du saignement chez les 4 autres ; ces patients ont bénéficié d’un traitement chirurgical d’emblée. Chez les patients ayant bénéficié d’une hémostase endoscopique (n=16), on note un succès dans  72% des cas, une récidive chez 4 patients dont 3 ont été opérés et un patient a bénéficié d’un deuxième traitement endoscopique avec succès. 60% ont été traités par l’association d’injection de sérum adrénaliné et la mise en place de clips hémostatiques et 34% par du sérum adrénaliné seul. Cinq patients sont décédés soit un taux de mortalité de 9.3%, dont 3 après chirurgie et 2 après échec d’un traitement endoscopique.

Discussion

Conclusion

Le traitement endoscopique de l’UGD hémorragique a nettement diminué le taux de recours à la chirurgie, évitant ainsi la morbimortalité  liée au traitement chirurgical. Une surveillance étroite doit être de mise afin de guetter une éventuelle récidive.

Remerciements