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CO0 - Traitement par rituximab et chlorambucil en cas de lymphome gastrique du MALT avec translocation t (11;18) positive : réponse clinique, histologique et moléculaire.

Levy Michaël, Copie-Bergman C, Molinier-Frenkel V, Haioun C, Gaulard P, Leroy K, Delchier Jean-Charles
Introduction

En cas de lymphome gastrique du MALT (LGM), la présence de la translocation t (11 ; 18) est un facteur d'échec de la chimiothérapie par agents alkylants per os avec un taux de réponse complète à un an et 5 ans respectivement de 40% et 8% (vs 89% en l'absence de t (11 ; 18) ) (1). Le rituximab (anticorps anti-CD20) a montré son efficacité en cas de lymphomes de bas grade. Notre but était de tester l'association rituximab + chlorambucil en cas de LGM t (11 ; 18) positif en évaluant la réponse clinique, histologique et moléculaire.
 

Patients et Méthodes

11 patients (âge médian 52 ans ; suivi médian 3 ans) ayant un LGM avec t (11 ; 18) positive ont été inclus. Tous avaient une prolifération monoclonale. Les stades étaient les suivants : 3 IE, 4 IIE et 4 IV ; 8 patients étaient H.pylori (Hp) - et 3 Hp +.Tous les patients Hp + avait un LGM persistant malgré l'éradication de Hp. Le rituximab a été administré par voie intraveineuse à la posologie de 375 mg/m² tous les 7 jours pendant 1 mois puis tous les mois pendant 4 mois ; le chlorambucil a été donné per os : 6 mg/m²/j pendant 4 semaines puis 14 j par mois pendant 4 mois. Une première évaluation était faite après 6 semaines de traitement (S6) et une deuxième après la fin du traitement à la 25è semaine (S25). La réponse histologique était évaluée selon le score du GELA (2).
 

Résultats

A S6 (10 patients évalués), tous étaient en rémission avec régression des lésions endoscopiques et histologiques : 7/10 étaient en pMRD (probable minimal residual disease considérée comme une rémission complète) et 3 en rRD (responding residual disease considérée comme une rémission partielle). A S25, 10/11 étaient en pMRD et 1/11 était en rRD. Concernant le suivi moléculaire, la monoclonalité persistait dans 7 cas sur 10 à S6 et dans 9 cas sur 11 à S25 et la t (11 ; 18) était positive dans 8 cas sur 9 à S6 et dans 7 cas sur 9 à S25.
 

Conclusion

En cas de LGM t (11 ; 18) positif, l'association rituximab + chlorambucil a permis d'obtenir une réponse rapide chez tous les patients traités avec rémission complète dans 91%. Ce pourrait être un traitement de choix en 1ère intention en cas de t (11 ; 18) +. La persistance d'une maladie moléculaire (clonalité et t (11 ; 18) ) dans 80 % des cas suggère l'intérêt d'une surveillance à long terme.