JFHOD

CO.63 - Transplantation de microbiote fécal dans l’infection récidivante à Clostridium difficile : retour d'expérience d'un centre référent entre 2014 et 2018

E. Chartrain, J. Scanzi, C. Aumeran, C. Mourgues, M. Wasiak, C. Teilhet, A. Buisson, M. Jouannet, A. Abergel

Introduction

L’infection à Clostridium difficile (ICD) est la première cause de diarrhée nosocomiale dans le monde. La dysbiose intestinale, parfois liée à la prise d’antibiotiques, fait le nid de cette infection digestive et expose à un risque élevé de récidive (>25%). Depuis les recommandations européennes de l’ESCMID publiées en 2014, la transplantation de microbiote fécal (TMF) est devenue le traitement de référence des ICD récidivantes. 

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude observationnelle, de suivi prospectif des patients ayant eu une TMF pour ICD récidivante (au-moins 2 récidives) entre novembre 2014 et juillet 2018 au CHU de Clermont-Ferrand. Notre objectif était d’évaluer l’efficacité (arrêt de la diarrhée et absence de récidive à 8 semaines), la tolérance, le retentissement sur la qualité de vie à 6 mois (SF-36) et l’impact médico-économique de la TMF. Le screening du donneur était celui recommandé par le GFTF (1).

Résultats

Dix-neuf patients (18 adultes et un enfant de 5 ans) ont eu une TMF dans la période étudiée. Le nombre moyen d’infections à Clostridium difficile avant TMF était de 4,1. La TMF était faite à partir de selles fraîches de donneur (proche du patient ou anonyme), par voie haute dans 53% des cas (sonde naso-jéjunale majoritairement), par lavement dans 42% des cas, et coloscopie dans 5% des cas. La procédure était réalisée en ambulatoire dans plus de la moitié des cas (52,8%).

Le taux d’efficacité de la TMF était de 94,7%, avec seulement un échec. L'échec correspond à un décès survenu à J21 d'un choc septique non imputable à la TMF chez une patiente très dénutrie atteinte d'une néoplasie pancréatique.

La tolérance a été globalement bonne avec seulement 15,8% d’effets secondaires mineurs (crampes abdominales, vomissements).

Nous rapportons une amélioration significative de la qualité de vie à 6 mois post-TMF, autant dans les paramètres liés à la santé physique que dans ceux liés à la santé mentale (p=0.02).

Le coût total d’une TMF, incluant le screening du donneur, était d’environ 3100 euros, et pourrait être réduit par l’utilisation de selles congelées permettant à un même donneur de faire plusieurs transplants. 

Discussion

Conclusion

Notre étude montre une excellente efficacité de la TMF en cas d’ICD récidivante, comparable aux données de la littérature, avec une très bonne tolérance puisqu’aucun effet secondaire grave imputable à la TMF n’a été rapporté. L'amélioration de la qualité de vie à 6 mois est majeure. Cette procédure est faisable en ambulatoire, cette modalité est donc à privilégier dès que possible. Malgré un coût élevé de l'acte (non référencé dans la CCAM), la TMF permet de réduire les coûts de santé en diminuant les récidives et donc la morbi-mortalité des ICD. 

Remerciements