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CO.127 - Une combinaison de facteurs cliniques, sérologiques et génétiques prédit l’évolution vers une forme compliquée dans la maladie de Crohn à début pédiatrique : résultats d’une étude en population générale

H. Sarter, G. Savoye, D. Turck, F. Vasseur, G. Marot, B. Pariente, J.F. Colombel, C. Gower-Rousseau, M. Fumery

Introduction

L’identification précoce, dès le diagnostic, de patients à haut risque de développer une maladie de Crohn (MC) sévère permettrait d’orienter le traitement initial de la MC. Les paramètres cliniques au diagnostic sont insuffisants pour prédire l’évolution de la MC (1). L’objectif de cette étude était d’évaluer la pertinence d’une combinaison de facteurs cliniques, sérologiques et génétiques pour la prédiction d’une évolution compliquée de la maladie chez les patients atteints de MC à début pédiatrique.

Matériels et méthodes

Les patients, âgés de moins de 17 ans au moment du diagnostic de MC et diagnostiqués entre 1988 et 2004, ont été extraits d’un registre en population générale et suivis pendant au moins 5 ans. Une évolution compliquée de la maladie était définie par la progression d’une maladie inflammatoire (B1) au diagnostic vers un phénotype compliqué (sténosant (B2) ou pénétrant (B3)) ou par le recours à une résection intestinale, dans les 5 ans suivant le diagnostic. Les données recueillies incluaient les caractéristiques cliniques au diagnostic, des marqueurs sérologiques à l’inclusion (ASCA, p-ANCA, anti-OmpC, anti-Cbir1, anti-Fla2, anti-FlaX) ainsi que 370 variants génétiques candidats. Ces variants ont été choisis pour leur association connue à la MC, aux maladies dysimmunes ou encore pour leur rôle dans les voies de l’inflammation, l’interaction avec des micro-organismes ou la modulation de l’immunité innée. Une sélection des variants a été réalisée à l’aide d’un modèle logistique  incluant une pénalité lasso (sélection des variants stables). Un modèle final de lasso logistique a ensuite été réalisé en incluant les variables cliniques, sérologiques et génétiques sélectionnées. Les capacités prédictives du modèle ont été évaluées par validation croisée.

Résultats

Deux cent dix-neuf patients ont été inclus, avec un âge médian au diagnostic de 14.3 ans (IQR [11.9 ; 16.0]). Parmi les 156 patients ayant un phénotype inflammatoire au diagnostic, 35% (n=54) ont développé dans les 5 ans suivant le diagnostic un phénotype compliqué ou ont eu une résection intestinale. Le modèle final incluait la localisation de la maladie au diagnostic, les ASCA et les p-ANCA ainsi que 15 variants génétiques. Ce modèle présentait une aire sous la courbe de 0.85, une sensibilité de 77%, une spécificité de 80%, une valeur prédictive positive de 68% et une valeur prédictive négative de 87%.

Discussion

Conclusion

Dans cette  cohorte en population générale de patients atteints de maladie de Crohn à début pédiatrique, une combinaison de variables cliniques, sérologiques et génétiques est capable de prédire la progression vers une maladie compliquée avec une bonne précision. Après validation dans une cohorte indépendante, ce score pourrait permettre d’identifier précocement les patients candidats à un traitement anti-TNF au diagnostic.

Remerciements