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CO.082 - Ustékinumab, védolizumab ou second anti-TNFα après échec d'une premier anti-TNFα dans la maladie de Crohn : étude rétrospective multicentrique

C. Rayer, B. Pariente, A. Bourreille, X. Roblin, L. Peyrin-Biroulet, S. Viennot, M. Flamant, D. Laharie, B. Caron, M. Dewitte, L. Siproudhis, M. Fumery, G. Bouguen

Introduction

En France, les anticorps anti-TNF sont les seules biothérapies remboursées en première ligne dans la maladie de Crohn (MC). Après échec d’un premier anti-TNF, les options thérapeutiques sont multiples comprenant l’utilisation d’un second anti-TNF, du védolizumab (VDZ) et de l’ustékinumab (UST). Aucune étude comparant directement ces trois biothérapies n’est actuellement disponible.

L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité du VDZ, de l’UST et d’un second anti-TNF après échec d’un premier anti-TNF dans la MC. 

Patients et Methodes

Tous les patients atteints d’une MC réfractaire à un premier anti-TNF ayant reçu une seconde ligne thérapeutique ont été inclus rétrospectivement dans 10 centres tertiaires. Un groupe contrôle de patients traités par un second anti-TNF (adalimumab ou infliximab) a été inclus en monocentrique à partir d’une base de données prospective. L’efficacité du traitement a été évaluée par la rémission après la phase d’induction thérapeutique (entre les semaines 14 et 24) ainsi que par la persistance thérapeutique à long terme.

Résultats

Au total, 203 patients ont été inclus : 90 (44%) ont été traités par de l’UST, 42 (21%) par du VDZ et 71 (35%) par un second anti-TNF. Quatre-vingt-six (44%) patients étaient de sexe masculin et l’âge moyen était de 38 (± 14) ans. Le premier anti-TNF a été interrompu en raison d’une non-réponse primaire chez 42 (21%) patients et pour une perte de réponse ou une intolérance chez 161 (79%) patients. Une optimisation thérapeutique au cours du premier anti-TNF a été réalisée pour 124 (61%) patients avec un taux résiduel moyen avant arrêt de 8,0 (± 7.7) µg/ml. A l’inclusion, le taux de CRP était en moyenne de 18.0 (±25.5) mg/l.

Il n’y avait aucune différence significative d’efficacité à court terme entre les groupes UST, VDZ et second anti-TNF (respectivement 29%, 38% et 44%, p=0,15). Après un suivi moyen de 118 (± 93) semaines, la persistance thérapeutique était plus courte pour l’UST (p=0.001) (Figure 1).  Le taux résiduel d’anti-TNF avant arrêt du premier anti-TNF était un facteur prédictif de rémission et de persistance thérapeutique. En cas de taux résiduel inférieur à 5 µg/ml, les patients traités par un second anti-TNF avaient un taux de rémission après induction thérapeutique ainsi qu’une persistance thérapeutique supérieurs aux patients traités par UST ou VDZ (p=0,002 et p= 0,0005 respectivement) (Figure 2). Aucun autre facteur pertinent n’était associé à l’efficacité thérapeutique y compris un taux résiduel d’anti-TNF supérieur à 5 µg/ml.

Discussion

Conclusion

L’utilisation du VDZ, de l’UST ou d’un second anti-TNF en seconde ligne thérapeutique après échec d’un premier anti-TNF dans la MC a montré une efficacité comparable à court terme avec une persistance thérapeutique plus courte concernant l’UST.

Remerciements