JFHOD

P.346 - Validation de l’échelle verbale analogique des ingesta dans le dépistage du risque nutritionnel en oncologie médicale digestive : étude de cohorte française

C. Esperance, P. Senesse, N. Flori, E. Guerdoux-Ninot

Introduction

La dénutrition et la perte de poids involontaire sont fréquentes dans les cancers digestifs et traduisent un moins bon pronostic. Les recommandations européennes et françaises préconisent de faire un dépistage nutritionnel chez tous les patients en oncologie médicale. Parmi l’ensemble des outils de dépistage existants, l’échelle analogique verbale des ingesta (EVA des ingesta) semblent le plus performant par sa simplicité d’utilisation (Guerdoux et al.). Cet outil est d’autant plus pertinent que la réduction des ingesta est la raison principale de la perte de poids.

Les principaux objectifs de ce travail étaient d’étudier : 1) la faisabilité de cet outil en routine quotidienne, 2) d’étudier sa corrélation aux apports nutritionnels, 3) d’évaluer cet outil pour le dépistage de la dénutrition. La corrélation au grade nutritionnel était analysé (Martin et al).

Patients et Methodes

La méthode de travail a déjà été publié (ref guerdoux). Brièvement, les nutritionnistes remplissaient prospectivement des formulaires standardisés spécialement conçus par l’équipe pour évaluer l’état nutritionnel des patients, d’oncologie médicale digestive, à leur entrée dont l’EVA des ingesta. Sa validité externe était déterminée par rapport à l'apport énergétique quotidien basé sur une enquête rétrospective des 24 h. Les patients étaient considérés à risque de dénutrition s’ils ingéraient moins de 30 kcal/kg/jour. 

Résultats

1587 patients étaient inclus. L’EVA des ingesta était significativement corrélés avec l’apport énergétique (p<0,001). Avec un seuil à 7, l’EVA des ingesta présentait une bonne discrimination de puissance (AUC= 0,7804) pour détecter les patients qui ingéraient moins ou plus de 30 kcal/kg/jour, avec une sensibilité de 76,55%, une valeur prédictive positive de 90,18%, une spécificité de 66,13% et une valeur prédictive négative de 41%. Un patient ayant une EVA des ingesta ≤ 7 avait un risque nutritionnel 5,4 fois plus élevé (OR=5,4 IC95% [4,29-6,83], p<0,001). La sensibilité pour détecter les patients avec une perte de poids significative était de 74,67%, et une valeur prédictive positive de 84,91%. La valeur médiane de l’EVA des ingesta n’est pas en corrélation avec le niveau du grade nutritionnel selon Martin et al.

Discussion

Conclusion

L’EVA des ingesta est un outil de dépistage particulièrement pertinent pour dépister les patients à risque de dénutrition dans une population de cancer digestif suivis en oncologie médicale. Cet outil permettrait aux professionnels d’orienter précocement les patients vers un professionnel de la nutrition avec un soutien nutritionnel personnalisé. En raison de la forte prévalence de la dénutrition dans les maladies chroniques, le gain de temps pour les professionnels serait essentiel.

Remerciements