JFHOD

CO.75 - Variation des lymphocytes et ratio neutrophiles sur lymphocytes après radioembolisation de patients atteints de carcinome hépatocellulaire

J. Edeline, M. Pedrono, F. Estrade, C. Lescure, M. Pracht, S. Le Sourd, Y. Rolland, E. Garin

Introduction

Les leucocytes sanguins jouent un rôle important dans l’immunité anti-tumorale. Des variations des lymphocytes ont été décrites dans plusieurs tumeurs après radiothérapie. Nous avons étudié le rôle pronostique des variations de ces leucocytes et plus particulièrement le taux de lymphocytes et le rapport neutrophile/lymphocyte (NLR) après radioembolisation (RE) d’un carcinome hépatocellulaire (CHC).

Patients et Methodes

Analyse rétrospective de 232 patients atteint de CHC et traités par RE au Centre Eugène Marquis à Rennes. Le suivi clinique, biologique et radiologique était régulier jusqu’à progression ou décès. Un bilan sanguin était prélevé la semaine précédant le geste puis à 6 semaines et à 3 mois. L’objectif principal de l’étude était d’étudier les variations de la NFS après RE et d’évaluer leurs valeurs pronostiques en termes de survie globale. Une analyse de courbe ROC était faite pour déterminer le seuil le plus discriminant. La survie était analysée par la méthode de Kaplan-Meier et un modèle de Cox univarié puis multivarié.

Résultats

Le suivi médian a été de 63 mois. La médiane de survie globale était de 17,6 mois. Un taux de réponse objective de 71% a été observé. Les principales toxicités décrites étaient une asthénie, les douleurs abdominales et la décompensation hépatique. Une toxicité de grade ³ 3 a été décrite chez 17% des patients.

La baisse des lymphocytes était en moyenne de 55% à 6 semaines et 44% à 3 mois. A 3mois, 31,5% des patients avaient un taux de lymphocytes entre 500 et 750/mm3 et 23% un taux inférieur à 500/mm3. Plus la dose de radiation reçue par le foie sain était importante, plus la lymphopénie était profonde et le NLR élevé. A 3 mois, une lymphopénie inférieure à 1000/mm3 a été observée chez 78,9% des patients avec une médiane survie de 17,3mois (IC 95% 13,4-21,3) versus 19,9 mois (IC 95% 7,8-32) chez les 21,1% de patients avec un taux de lymphocytes supérieur à 1000/mm3, HR 1,502 (IC 95% 0,984-2,293), p = 0,06.

A 3 mois, le NLR était un facteur pronostique indépendant (en variable continue : HR 1,06 (IC 95% 1,03-1,09), p < 0,01) et le seuil de 7,2 pour ce NLR était également retrouvé comme facteur pronostique indépendant des caractéristiques tumorales classiques et de la réponse thérapeutique (HR 1,67 (IC 95% 1,16-2,38) p = 0,005). La survie médiane qui était observée chez les patients sous ce seuil était de 9,8 mois (IC 95% 6,2-13-5) et chez les patients au-dessus de ce seuil de 19,8 mois (IC 95% 16,3-23,3), p = 0,003.

Discussion

Conclusion

Un NLR ≥ 7,2, 3 mois après traitement par RE intra-artérielle hépatique d’un CHC est un facteur de mauvais pronostic indépendant des caractéristiques tumorales classiques et de la réponse thérapeutique. La baisse fréquente des lymphocytes est à considérer dans les études d’association de la RE avec l’immunothérapie.

Remerciements