JFHOD

CO.139 - VAXIMICI : étude observationnelle évaluant la perception et le niveau de connaissance sur la vaccination des patients avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin

S. Artru-Voegele, S. Pestour, C. Gay, C. Venturin, P. Danion, B. Flourié, G. Boschetti, N. Mathieu, S. Nancey

Introduction

Les patients suivis pour des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) peuvent être exposés aux immunosuppresseurs et biothérapies. Ces traitements augmentent le risque infectieux. Une étude récente en population s’est intéressée à évaluer dans la population de MICI la nature des infections (incluant la grippe, l’hépatite B, la varicelle zona-virus et les infections à pneumocoque) qui peuvent être potentiellement prévenues par un vaccin et qui ont conduit ces patients à une hospitalisation. L’objectif était de mener une enquête prospective auprès de patients avec une MICI pour déterminer leur connaissance vis-à-vis de leur statut vaccinal, quel professionnel de santé leur a proposé une vaccination et caractériser les freins à la vaccination.

Patients et Methodes

Un auto-questionnaire a été remis à tous les patients consécutifs suivis pour une MICI dans 2 CHU à l’occasion d’une consultation, d’une perfusion en hôpital de jour, ou d’une hospitalisation. Au total 201 patients dont 99 femmes (âge moyen 42 ans ; 132 suivis pour une maladie de Crohn, 65 pour une rectocolite ulcéro-hémorragique, 4 pour une colite indéterminée) ont été interrogés entre décembre 2019 et janvier 2020. Le questionnaire interrogeait les patients sur leur statut vaccinal vis-à-vis de la grippe, du pneumocoque, du papilloma virus humain, de l’hépatite B et précisait si les patients avaient contracté la varicelle ou s’ils avaient été vaccinés contre le varicelle-zona virus. Il s’attachait aussi à identifier la nature des personnels médicaux qui leur avait proposé leur vaccination et les raisons d’un éventuel refus.

Résultats

59% des patients interrogés étaient vaccinés contre la grippe, 39% à la demande de leur gastroentérologue, 26% de leur médecin traitant, 24% sur les conseils de l’assurance maladie via l’envoi d’un bon de prise en charge. Plus d’un tiers des patients non-vaccinés ne souhaitaient pas l’être et 13% n’y voyaient pas d’utilité. 15% des patients MICI non vaccinés rapportaient ne pas avoir été informé sur l’intérêt d’une vaccination. Concernant la vaccination anti-pneumococcique, 44% des patients avaient été vaccinés sur les 3 dernières années (par leur médecin traitant pour 50% d’entre eux et le restant par leur gastroentérologue). Un tiers des patients non-vaccinés contre le pneumocoque rapportaient l’absence d’information vis-à-vis de cette vaccination, 14% n’en avait jamais entendu parler et 9% n’en voyaient pas l’utilité. 57 % des patients interrogés étaient vaccinés contre l’hépatite B (principalement par leur médecin traitant). Seulement 9 % des femmes ont été vaccinées contre le papillomavirus (chez près d’un quart d’entre elles, le vaccin n’était pas disponible durant leur adolescence). 82% des patients déclaraient avoir déjà contracté la varicelle, 7 % ne jamais avoir été exposé, et 11% ne pas connaître leur statut vis-à-vis du VZV. La moitié des patients jamais exposés au VZV n’avaient pas connaissance de la disponibilité d’un vaccin.

Discussion

Conclusion

En dépit des recommandations vaccinales dans les MICI, la couverture vaccinale est encore trop limitée. Certains patients n’ont pas reçu l’information sur l’intérêt des principaux vaccins disponibles, d’autres craignent et refusent catégoriquement les propositions vaccinales. La sensibilisation aux vaccins par les gastroentérologues et les médecins généralistes pour tous les patients suivis pour une MICI à risques d’exposition aux immunosuppresseurs est cruciale pour réduire le risque d’infections parfois sévères.

Remerciements