Acide Ursodésoxychlique et cholestase gravidique
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Moyen

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Confirmation

Rédacteur
Docteur Emile-alexandre PARIENTE

Enthousiasme

À la une 09/02/2013

Acide Ursodésoxychlique et cholestase gravidique

Il s'agit de la métaanalyse  des essais contrôlés de l'acide ursodésoxycholique (AUDC) dans la cholestase gravidique. Ce travail concerne 454 malades ayant reçu de l’ AUDC seul (le comparateur était soit un placebo, soit la cholestyramine, soit la dexaméthasone, soit la S adenosylméthionine soit rien). Les doses d’ AUDC allaient de 450 à 1000 mg/j, la durée du traitement de 14 j à « jusqu’à l’accouchement ».

Le traitement par l’ AUDC était associé à une réduction significative du prurit (OR 0,27, IC 95% : 0,13-0,55), à la normalisation des ALT (OR 0.24; IC95% : 0,11-0,52), de la concentration des acides biliaires (AB) sériques totaux à jeun (OR 0,37 ; IC95% 0,19-0,75), à une réduction de la prématurité- accouchement avant 37 semaines- (OR 0.44; IC 95% : 0 ,24-0,79), de la détresse fœtale-liquide teinté et/ou asphyxie fœtale- (OR 0,46; IC 95% : 0,25-0,86), de la détresse respiratoire aiguë du nouveau-né (OR 0,30; IC 95% :0,12-0,74), de la nécessité d’hospitalisation du nouveau-né en soins intensifs (OR 0,49; IC 95% : 0,25-0,98).

En chiffres absolus, sous AUDC,  le prurit disparut chez 42% des malades contre 6-9% des témoins, on observa une normalisation (28% vs 9-14%) ou une diminution (66% vs 24-25%) des ALT, une diminution des AB sériques chez 54% vs 19-24%, moins de prématurité (16% vs 34-40%), la différence n’étant plus significative si on excluait les accouchements déclenchés, moins de détresses fœtales (19% vs 33-36%), moins d’hospitalisations en soins intensifs néonataux (9% vs 9-18%). Il n’ y eut « que » 2 décès in utero, tous deux dans un groupe placebo. Il n’y eut pas d’effet indésirable de l’ AUDC. Les différences n’étaient significatives vis à vis du placebo (sans tenir compte des essais utilisant d’autres comparateurs) « que » pour le prurit, les ALT et les AB sériques à jeun  (mais on sait que ces derniers sont fortement liés au pronostic fœtal), sans doute pour des raisons d’effectif.

Commentaires
 

Il fallait la gentillesse et la ténacité de Yannick Bacq pour obtenir de 8 des 9 auteurs des essais la réponse à un questionnaire permettant de standardiser les critères de réponse. L’AUDC est donc un traitement très bien toléré et efficace dans la cholestase gravidique, tant pour la mère (prurit) que surtout pour le fœtus. On n’a pas de notion d’effet délétère à long terme pour les enfants. En France, selon l'AMM (juin 2012) on propose une dose de 10-20 mg/j (sans dépasser 1000 mg/jour) en deux prises au moment du repas, du diagnostic à l’accouchement. Bien sûr ce traitement ne dispense pas des précautions habituelles incluant la discussion du déclenchement de l’accouchement après 37 semaines (le risque de décès in utero n’est pas supprimé par l’AUDC).

 

Références
 
Titre :

Acide Ursodésoxychlique et cholestase gravidique

Titre original :

Efficacy of Ursodeoxycholic Acid in Treating Intrahepatic Cholestasis of Pregnancy: A Meta-analysis

Auteurs :

Bacq Y, Sentilhes L, Reyes H-B, Glantz A, Kondrackiene J, Binder T, Nicastri P-L, Locatelli A, Floreani A, Hernandez I, Di Martino V

Source(s) :

Article

Revue :

Gastroenterology

Références biblio. :

Gastroenterology. 2012;143:1492-501

SNFGE.org