Anti-intégrine et MICI. Quid de la sécurité d'emploi ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Moyen

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Philippe AYGALENQ

Enthousiasme

À la une 01/05/2015

Anti-intégrine et MICI. Quid de la sécurité d'emploi ?

L'introduction des anti-intégrines dans l'arsenal thérapeutique des MICI impose de rester vigilant sur leur sécurité d'emploi. Retardé par la survenue d'encéphalopathie à virus JC sous natazilumab, le développement de ces médicaments s'est fait vers des anticorps spécifiques des molécules d'adhésion intestinales α4β7 integrine (vedolizumab, etrolizumab et AMG 181) censés être dénués de risque neurologique. Cette revue de la littérature fait le point sur l'état des données de sécurité. Elle prend en compte les études randomisées contre placebo, comprenant une prescription d'au moins deux injections. 12 articles sont sélectionnés, étudiant 3000 patients, 7 dans le Crohn, 5 dans la RCH. 1/3 avec des anti intégrines non spécifiques (AINS) et 2/3 avec les nouvelles anti intégrines spécifiques de l'intestin (AIS). La durée de traitement reste courte, majoritairement 12 semaines, la plus longue : 56 semaines.

La conclusion retrouve un risque relatif accru d'infection opportuniste, bien que non significatif, avec les intégrines non spécifiques (dont une infection à virus JC), notamment en cas de traitement > 52 semaines, mais aucun sur risque avec les nouvelles anti intégrines spécifiques de l'intestin. Aucun sur risque néoplasique n'a été retrouvé pour ces 2 classes mais cet item a une valeur discutable sur cette courte durée d'exposition. Les infections opportunistes restent rares (1.1% AINS,0,2% AIS,0,1%PLAC). Il n'y a que deux infections répertoriées sous anti intégrines spécifiques de l'intestin dont un cas de tuberculose.

Commentaires
 

Cette nouvelle voie thérapeutique ciblant la migration muqueuse des lymphocytes ouvre enfin une alternative séduisante, notamment chez le patient en échec thérapeutique. Elle est néanmoins en balance avec les données de sécurité d'emploi des anti-TNF qui restent bonnes avec le temps. Les résultats de ces molécules "spécifiques" sont donc encourageants, mais l'effectif étudié reste faible (environ 1000 patients sous anti intégrines spécifiques de l'intestin) , et la durée d'étude extrémement courte pour des traitements donnés à priori à long terme.

La vigilance reste de mise pour valider l'argument sécuritaire de leur spécificité d'action et on attend avec impatience la confirmation de cette absence de sur risque dans les travaux à venir. Affaire a suivre....

Références
 
Titre original :

Systematic review and meta-analysis: opportunistic infections and malignancies during treatment with anti-integrin antibodies in inflammatory bowel disease

Auteurs :

P. Luthra, L. Peyrin-Biroulet, A. C. Ford

Source(s) :

Article

Références biblio. :

Alimentary Pharmacology & Therapeutics 2015 on line

SNFGE.org