Dépistage du cancer pancréatique familial : encore du chemin
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Moyen

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Jean-Christophe SAURIN

Enthousiasme

À la une 26/05/2011

Dépistage du cancer pancréatique familial : encore du chemin

Ce travail reprend le suivi de 79 patients présentant une mutation du gene p16 (facteur de contrôle de la prolifération cellulaire dont la mutation germinale entraine une prédisposition forte au mélanome, de façon moinde au cancer du pancréas, le gène est aussi appelé CDKN2A). Ces patients âgés de 36 à 72 ans (moy 56) étaient suivis en moyenne 4 ans. L’IRM était réalisée tous les ans. Une chirurgie était proposée en cas de néoplasie évidente, et en cas de doute une nouvelle IRM entre 2 et 4 mois après la première était réalisée. Dans le cadre du suivi, 2 patients étaient exclus pour contre-indication de l’IRM, et 10 patients (12,6 %) quittaient la cohorte principalement du fait de la lourdeur du suivi. Le suivi aboutissait à la détection de 7 cancers (9 %) à des âges de 49 à 72 ans (moy 59), dont 4 (57 %) avec un antécédent de tabagisme. Les lésions étaient considérées comme réséquables dans 7 cas, opérées dans 5 cas (3 R0, 2 envahissements ganglionnaires). Cinq des 7 cancers mesuraient moins de 20 mm au diagnostic. Deux patients sur 7 étaient en vie à 17 et 22 mois après la chirurgie, les autres étaient décédés du cancer pancréatique (4 cas) ou de mélanome (1 cas). Neuf autres patients (11 %) présentaient des dilatations canalaires toujours sous surveillance.

Commentaires
 

Ce travail est une des rares et première études évaluant la surveillance des familles à risque très élevé de cancer pancréatique. Il repose sur un registre national précieux comme les Pays Bas sont capables d’en réaliser, exemple remarquable à suivre. Cet article montre bien la lourdeur du dépistage puisque 1 patient sur 10 préférait arrêter le suivi, malgré la gravité du diagnostic potentiel. Le protocole de surveillance, pourtant, était relativement simple (IRM seule), alors qu’un suivi beaucoup plus stringent est aujourd’hui parfois proposé en France dans cette situation (échoendoscopie, TDM, IRM la première année, IRM et échoendoscopie annuelles ensuite). Cette série montre ensuite la possibilité de détecter des lésions de petite taille, mais avec la déception d’un pronostic qui reste très défavorable malgré cette prise en charge (5 décès sur 7 à moyen terme, dont 2 après chirurgie de cancers de 12 et 10 mm de diamètre maximal). Ainsi, aucun des patients ayant eu un cancer détecté pendant le suivi n’était en vie à la fin de l’étude, ce qui est un constat d’échec dans le cadre d’un dépistage pré-symptomatique. L’avenir passe sans doute par l’amélioration du dépistage, peut-être grâce à un protocole lourd (ci-dessus) dont le bénéfice reste cependant à démontrer.

Références
 
Titre :

Dépistage du cancer pancréatique familial : encore du chemin

URL : Magnetic Resonance Imaging Surveillance Detects Early-Stage Pancreatic Cancer in Carriers of a p16-Leiden Mutation
Auteurs :

Vasen H, Wasser M, Tollenaar R, Konstantinovski M, Gruis N, Bergman V, Hes F, Hommes D, Offerhaus G-J, Morreau H, Bonsing B, De Vos Tot Nederveen Cappel W

Source(s) :

Article

Revue :

Gastroenterology

Références biblio. :

Gastroenterology 2011;140:850–856

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