Détection des zones de dysplasie dans les colites inflammatoires : mieux vaut vraiment colorer !
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Moyen

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Confirmation

Rédacteur
Professeur Jean-Christophe SAURIN

Enthousiasme

À la une 13/09/2012

Détection des zones de dysplasie dans les colites inflammatoires : mieux vaut vraiment colorer !

Comme souvent dans les essais randomisés prospectifs, l’utilisation d’une chromoscopie électronique colorectale ne reproduit pas les résultats d’amélioration du dépistage obtenus avec la chromoscopie au colorant. Il s’agit ici d’une évaluation du NBI versus lumière blanche dans le suivi de la rectocolite hémorragique quiescente de durée d’évolution supérieure à 8 ans. Les 2 groupes de 56 patients comprenaient une forte proportion (86 %) de patients porteurs d’une pancolite. Le taux de détection d’au moins un foyer de dysplasie était identique (5 patients, 9 %) dans les 2 groupes, dans tous les cas en dysplasie de bas grade. Il y avait 12 versus 4 faux positifs (suspicion de néoplasie non confirmée par les biopsies) dans le bras NBI versus lumière blanche (NS). Le gain du classique protocole de biopsies en quadrant tous les 10 cm (en moyenne 24 biopsies par patient) était de 0.04 % (1 biopsie positive en dysplasie de bas grade sur 2707 biopsies). Le temps de retrait était à peine, mais significativement, différent (11,5 min pour le bras NBI, 10 min pour le bras lumière blanche).

Commentaires
 

Il s’agit ici du troisième essai randomisé évaluant le gain potentiel d’une chromoscopie électronique utilisant le NBI à l’endoscopie standard (mais haute définition) dans le dépistage des néoplasies sur colite quiescente à longue durée d’évolution. D’autres chromoscopies électroniques ont été testées dans cette indication sans plus de succès. Ceci est à comparer au standard actuel, la chromoscopie utilisant un colorant réel (indigo-carmin en France, bleu de méthylène en Allemagne) qui montre un gain majeur : nombre de patient avec dysplasie x 2, nombre de zones de dysplasie identifiées x 3, nombre de zones de dysplasie plane x 6. Un seul essai comparant NBI à une chromoscopie à l’indigo-carmin montrait un taux de détection supérieur, mais de façon non significative, dans le groupe indigo-carmin, mais avec un effectif faible de 30 patients environ dans chaque bras. De façon globale, les lésions de dysplasie sont fréquentes dans ces colites quiescentes de longue durée : entre 10 et 20 % des patients avec une chromocoloscopie en ne biopsiant que des lésions visibles (versus 5 % sans colorant). Cette méthode devient la référence depuis les recommandations ECCO 2008. Au contraire, le bénéfice d’un protocole de biopsies systématiques est très faible, inférieur à 1/2000 biopsies dans toutes les séries randomisées.

Références
 
Titre :

Détection des zones de dysplasie dans les colites inflammatoires : mieux vaut vraiment colorer !

Titre original :

Narrow Band Imaging for Detection of Dysplasia in Colitis: A Randomized Controlled Trial

Auteurs :

Ignjatovic A, East J, Subramanian V, Suzuki N, Guenther T, Palmer N, Bassett P, Ragunath K, Saunders B

Source(s) :

Article

Revue :

American Journal of Gastroenterology

Références biblio. :

Am J Gastroenterol 2012; 107:885– 890

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