Encore une victoire du 5FU-NALIRI en seconde ligne dans les cancers bilio-pancréatiques : alors à quand le remboursement en France ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Moyen

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Docteur Nicolas WILLIET

Enthousiasme

À la une 16/09/2022

Encore une victoire du 5FU-NALIRI en seconde ligne dans les cancers bilio-pancréatiques : alors à quand le remboursement en France ?

Le cholangiocarcinome est une maladie de pronostic sombre pour laquelle la Gemcitabine combinée au Cisplatine (GemCis) reste le standard de première ligne depuis 2010.

 

Jusqu’à ces dernières années, il n’y avait pas de traitement de référence en seconde ligne. Le design de l’étude NIFTY est donc conçu dans ce contexte : phase 2b, multicentrique, coréenne, ayant évalué l’intérêt d’ajouter du NALIRI (70 mg/m2 d’irinotecan encapsulé dans une nanoparticule liposomale) au LV5FU2 seul (400 mg/m2 suivi de 2400 mg/m2 sur 46H) toutes les 2 semaines, en traitement de seconde ligne après échec du GemCis. Au total, 174 patients ont été randomisés (1:1) dans cette étude, en stratifiant les patients sur les principaux facteurs pronostiques dont le site tumoral (intra- vs. extra-hépatique vs. vésiculaire). La survie sans progression (SSP) selon les critères RECIST version 1.1 en lecture centralisée (critère de jugement principal) était très nettement supérieure dans le bras expérimental : médiane de 7,1 mois vs. 1,4 mois (HR=0,56 ; IC95% : 0,39-0,81; P=0,0019). La survie globale (SG) était également améliorée (8,6 vs. 5,5 mois; HR=0,68 ; P=0,035). La toxicité était déjà connue et acceptable (neutropénie grade 3-4 : 24 % vs. 1 % ; fatigue : 13 % vs. 3 %).
 

Commentaires
 

Qu’elle ait été centralisée ou évaluée par les cliniciens, la SSP était très en faveur du 5FU-NALIRI et donc l’étude est clairement positive. Le seul reproche souvent évoqué par les cliniciens, en particulier de France, est la non comparaison au FOLFIRI (5FU + irinotecan « classique »), largement utilisé dans cette situation jusqu’à encore récemment. Sur le plan méthodologique et du rationnel, le 5FU était considéré comme une option validée en seconde ligne à cette époque (2018) et les données précliniques étaient en faveur d’une efficacité du NALIRI ainsi que sa supériorité à l’irinotecan. Le gold standard dans cette situation avancée reste la SG et le bénéfice est donc cliniquement pertinent.

 

Néanmoins, l’essai ABC-06 publié en 2021, vient positionner le FOLFOX comme une bonne option de seconde ligne par rapport aux traitements symptomatiques seuls en termes de SG. Le faible coût du FOLFOX comparé au NALIRI vient expliquer en partie l’absence de remboursement en France du NALIRI dans cette indication, alors même que l’étude correspondante de phase 3 dans le cancer du pancréas (étude NAPOLI-1) était également positive en termes de SSP et de SG. A cela s’ajoute les inhibiteurs d’IDH1 ou de FGFR 1, 2 ou 3 pour les 30 % de patients atteints de cholangiocarcinomes intra-hépatiques avec les anomalies moléculaires ciblées, pour lesquels une AMM a été obtenue. Pour espérer un remboursement en France du NALIRI, il faudra peut-être attendre les résultats des essais en cours de seconde ligne dans le cholangiocarcinome dans une population non asiatique (NCT04005339) ou de ceux en première ligne dans le cancer du pancréas (NCT03693677).

Références
 
Titre :

Encore une victoire du 5FU-NALIRI en seconde ligne dans les cancers bilio-pancréatiques : alors à quand le remboursement en France ?

Titre original :

Liposomal irinotecan plus fluorouracil and leucovorin versus fluorouracil and leucovorin for metastatic biliary tract cancer after progression on gemcitabine plus cisplatin (NIFTY): a multicentre, open-label, randomised, phase 2b study

Auteurs :

Changhoon Yoo, Kyu-Pyo Kim, Jae Ho Jeong, Ilhwan Kim, Myoung Joo Kang, Jaekyung Cheon, Byung Woog Kang, Hyewon Ryu, Ji Sung Lee, Kyung Won Kim, Ghassan K Abou-Alfa, Baek-Yeol Ryoo.

Source(s) :

Article

Revue :

The Lancet Oncology

Références biblio. :

Lancet Oncol. 2021 Nov;22(11):1560-1572. doi: 10.1016/S1470-2045(21)00486-1.

Liens utiles
Lancet Oncol. : accès au texte intégral via rubrique Revues en ligne du site SNFGE pour membres SNFGE à jour de cotisations
   
SNFGE.org