Epidémiologie des cancers liés au papillomavirus
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Prévention

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Philippe GODEBERGE

Enthousiasme

À la une 01/07/2012

Epidémiologie des cancers liés au papillomavirus

Le papillomavirus est un virus oncogène qui est responsable de la majorité des cancers cervicaux, vulvaires, vaginaux, péniens, anaux et oropharyngés.

Le génotype 16 est celui qui est le plus fréquemment rencontré et associé avec ces cancers.

Le Center for Diseases Control a analysé à partir du registre national des cancers nord américain la fréquence des cancers associés au papillomavirus. Les données concernent la période de 2004 à 2008 dans la totalité des états américains. Il était dès lors intéressant de d'extraire les informations portant sur le cancer de l’anus.
Les cancers associés au papillomavirus se définissent par un type histologique et un site anatomique spécifique ; il peut aussi inclure des cancers qui ne sont pas directement reliés au papillomavirus, raison pour laquelle le CDC a appliqué un facteur correctif pour différencier la fréquence des cancers associés et la fréquence des cancers dus au virus.

Durant cette période on constate que le cancer anal reste plus fréquent chez la femme (1.8 pour 100 000), que chez l’homme (1.2 pour 100 000). Il y a une petite différence de répartition puisque le cancer anal aux Etats-Unis est plus fréquent chez les femmes lorsqu’elles sont de race blanche et chez les hommes lorsqu’ils sont de race noire. De façon moins explicable il existe une variation importante selon les états. Par exemple le Maryland, le Colorado et l’Utah sont ceux qui ont les taux ,tout cancer confondu, les plus bas.

L’analyse des longs tableaux épidémiologiques constate que l’âge moyen associé à l’incidence la plus élevée reste au-delà de 69 ans dans les deux groupes, homme et femme. Il n’y a pas durant cette période là de mise en évidence d’une tendance à ce que le cancer apparaisse plutôt chez l’homme. La forte incidence des cancers de l’anus chez l’homosexuel masculin qui aurait pu s'illustrer par un rajeunissement de la population ou par une répartition dans les états où il existe de grandes communautés gay, n’a pas été mise en évidence et cet aspect n’ait pas été discuté par les auteurs.

Commentaires
 

Au total cela correspond à 3 089 cancers annuels chez la femme et 1678 chez l’homme. L’ensemble des cancers lié au papillomavirus chez l’homme est globalement équivalent au nombre de cancers cérébraux, alors que la plupart de ces cancers sont considérés pouvant être prévenus par l’utilisation du vaccin. La part des cancers anaux attribuable directement au papillomavirus est de 93 % (Gillison ML et al . Cancer 2008 ; 113 : 3036-46). Il est rappelé que des données cliniques solides ont montré que les deux vaccins bi ou tétravalents ont un effet préventif sur le cancer du col et que le tétravalent a une efficacité préventive sur les cancers de l’anus, de la vulve et du vagin. Le comité de supervision des vaccins nord américains recommande désormais une vaccination en routine des hommes et des femmes entre 11 et 12 ans par trois doses de vaccin (quadrivalent chez l’homme). Les vaccinations de rattrapage peuvent se faire jusqu’à 26 ans chez la femme et 21 ans chez l’homme. En 2010 1/3 des femmes âgé de 13 à 17 ans aux Etats-Unis avait reçu trois doses de vaccin. Les constatations de ce rapport comportent des limitations. Les registres ne prennent pas en compte le statut HPV ; aussi le nombre de cancer jugé rapportable à l’HPV est seulement estimé. Les données sur les races ou l’origine ethnique ne sont pas transposables en France ou ces données ne sont pas colligées. Au total sur 33 369 cancers qui surviennent dans des sites associés à des infections à papillomavirus, 26 000 environ peuvent être directement attribuables au papillomavirus et donc évitables par l’utilisation du vaccin, notamment le cancer de l’anus. Cet article ne fait par contre aucune recommandation spécifique de dépistage, il constate juste une diminution des cancers du col et insiste sur la promotion du vaccin.

Références
 
Titre :

Epidémiologie des cancers liés au papillomavirus

URL : Human papillomavirus-associated cancers - United States, 2004-2008
Auteurs :

Centers for Disease Control and Prevention (CDC)

Source(s) :

Article

Revue :

Morbidity and Mortality Weekly Report

Références biblio. :

Morbidity mortality Weekly report 20 04 2012 volume 61 n°15

SNFGE.org