La gastroparésie : une pathologie souvent associée à de nombreuses comorbidités et sous explorée
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Faible

Avancement
Recherche clinique

Impact patient

Impact soin
Faible

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Pauline JOUET

Enthousiasme

À la une 13/09/2022

La gastroparésie : une pathologie souvent associée à de nombreuses comorbidités et sous explorée

La gastroparésie est un trouble moteur caractérisé par un retard de vidange gastrique des solides sans obstruction mécanique, entraînant des symptômes chroniques comme une sensation de plénitude post-prandiale, des nausées et vomissements et des douleurs épigastriques pouvant sévèrement impacter la qualité de vie.


Cette étude rétrospective transversale, effectuée sur une large base de données administrative nationale américaine d'assurance maladie, avait pour but d’évaluer la prévalence de la gastroparésie, les caractéristiques démographiques des patients, et les étiologies au sein d’une population relativement représentative de la population américaine.

 

Le diagnostic pouvait reposer sur 1) le codage de gastroparésie lors d’au moins une hospitalisation ou d’au moins deux consultations différentes espacées d’au moins 3 mois, 2) le fait d’avoir un diagnostic de gastroparésie après un test de vidange gastrique isotopique effectué dans les 90 j de la date de diagnostic, et/ou 3) des symptômes typiques de gastroparésie dans les 90 j avant le diagnostic. Le diagnostic pouvait être certain (critères 1+2+3), probable (critères 1+3 ou 1+2) ou possible (critère 1 seul).   La base de données portait sur 82,574,650 personnes entre 2000 et 2019, dont 71,775 avaient une gastroparésie (âge moyen ± SD: 59 ± 16 ans ; 68,5 % femmes). La prévalence globale standardisée de gastroparésie était de 267,7 (95 % IC 264,8–270,7) pour 100,000 adultes américains, et celle de gastroparésie certaine était de 21,5 (95 % IC 20,6–22,4) pour 100,000 personnes. La prévalence était deux fois plus fréquente chez les femmes, et plus fréquente chez les patients âgés de 58 à 64 ans. Les patients avec gastroparésie avaient un score global de morbidité élevé (score de Charlson à 4,2), indiquant des comorbidités substantielles (maladie pulmonaire chronique dans 46,4 %, diabète avec complications chroniques dans 37,3 %, et pathologies vasculaires périphériques dans 30,4 %). Le diabète était la première cause de gastroparésie (57,4 %; type 1, 5,7 % et type 2, 51,7 %), suivi de la gastroparésie post-opératoire (15,0 %), des gastroparésies pharmaco-induites (11,8 %), et idiopathiques (11,3 %).


Une vidange gastrique isotopique a été effectuée chez 36,3 % des patients. Dans les 3 mois suivant le diagnostic de gastroparésie, 49,4 % des patients ont reçu au moins un traitement médicamenteux de la gastroparésie, le plus souvent du metoclopramide.
 

Commentaires
 

Cette large étude épidémiologique sur la gastroparésie apporte des données plus proches de la réalité que celles disponibles dans la littérature, la population étudiée correspondant à un échantillon relativement représentatif de la population américaine globale, même s’il existe des biais de sélection avec une prévalence élevée de patients âgés de plus de 65 ans, ainsi que des biais diagnostiques,  une vidange gastrique isotopique n’ayant été effectuée que dans un tiers des cas. Elle montre que les symptômes de gastroparésie sont peu explorés (avec la réserve que l’éventuelle réalisation de vidange gastrique par test respiratoire n’était pas tracée), et que cette pathologie est souvent associée à de nombreuses comorbidités pouvant impacter sa prise en charge. Cette étude rapporte un faible taux de gastroparésie idiopathique (un cas sur 10). Enfin on note que seulement un patient sur deux a eu une prescription médicamenteuse pour le traitement de la gastroparésie dans les trois mois suivant le diagnostic, mais la prise éventuelle de traitements sans prescription n’était pas connue.


Dans cette pathologie pour laquelle les options thérapeutiques restent encore limitées, la réalisation plus systématique d’explorations de la vidange gastrique pourrait permettre de mieux caractériser les patients suspects de gastroparésie afin de déterminer ceux souffrant effectivement d’une gastroparésie et ceux dont les symptômes s’intègrent dans le cadre d’une dyspepsie sans retard de vidange gastrique.

Références
 
Titre :

La gastroparésie : une pathologie souvent associée à de nombreuses comorbidités et sous explorée

Titre original :

Epidemiology, Etiology, and Treatment of Gastroparesis: Real-World Evidence From a Large US National Claims Database

Auteurs :

Yizhou Ye, Yu Yin, Susanna Y Huh, Cristina Almansa, Dimitri Bennett, Michael Camilleri

Source(s) :

Article

Revue :

Gastroenterology

Références biblio. :

2022 Jan;162(1):109-121.e5. doi: 10.1053/j.gastro.2021.09.064.

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