La maquette de formation du DES d’Hépato-Gastroentérologie : une âpre bataille couronnée de succès
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Impact patient :
Impact soin :
Important
Intérêt :
 
 
rédacteur :
Professeur Christine SILVAIN
enthousiasme :
 
 
15/10/2018
 
  Sujet :  
 
  La maquette de formation du DES d’Hépato-Gastroentérologie : une âpre bataille couronnée de succès  
 
 

La défense de la maquette de formation du DES d’Hépato-Gastroentérologie à 5 ans débute en février 2016. Nous sortons du bureau du conseiller de la réforme du 3ème cycle des études médicales (R3C), assez dépités et conscients de la nécessité d’une mobilisation forte avec les internes de la spécialité (AFIGHE) et les différentes composantes de la spécialité pour défendre ce que nous pensons légitime.

Le décret de la R3C paraît en novembre 2016 pour une mise en place qui sera effective en novembre 2017. L’enseignement et l’acquisition des compétences sont organisés en 3 phases, une phase socle de 2 semestres, une phase d’approfondissement de 4 semestres et une phase de consolidation de 2 semestres. Dans cette dernière phase, l’étudiant est thésé et devient « docteur junior ». Il doit donc avoir acquis l’ensemble des compétences en particulier en endoscopie pour une pratique autonome même si supervisée.

L’enquête menée par l’AFIGHE en 2016 conforte cette demande de maquette à 5 ans avec près de 70% des internes et assistants sondés qui estiment qu’une 5ème année est nécessaire. La justification est bien, la large diversité de notre spécialité et son caractère médico-technique. Dans la R3C, en plus de la formation dite pour la pratique courante, des formations complémentaires sont possibles, options à l’intérieur de la spécialité et formation spécialisée transversale (FST) mais celles-ci sont contingentées et de plus s’excluent. Ainsi, on ne peut pas effectuer durant son cursus, une option telle que l’endoscopie de niveau 2 et la FST d’oncologie digestive. Ce contingentement limite dangereusement les formations complémentaires des internes. Les arguments développés au près des différents conseillers ministériels, en particulier à partir des compétences européennes décrites dans le Blue Book restent lettre morte.

La mobilisation devient plus forte au printemps 2017. Si la cohésion de la spécialité est effective, d’autres spécialités vont défendre elles aussi une maquette à 5 ans. Grâce à la détermination des internes, les lignes vont bouger.

En novembre 2017, les premiers étudiants débutent leur phase socle et l’IGAS et l’IGAENR auditionnent 3 spécialités Cardiologie, Hépato-Gastroentérologie et Néphrologie afin de recueillir les arguments pour le passage à 5 ans. Nous défendons alors le large champ de la spécialité en s’appuyant sur l’épidémiologie, la nécessité de maîtriser les techniques d’exploration en particulier endoscopiques et la nécessaire connaissance des champs connexes à la discipline telle que l’addictologie. Le rapport de l’IGAS qui suit en décembre 2017 nous demande des éléments plus probants d’évaluation des besoins de santé et de formation et une argumentation objectivée et documentée. Commence alors un travail de fond pour documenter les besoins de santé, les données démographiques et territoriales, les données de santé publique sur les évolutions de morbi-mortalité liées aux pathologies prises en charge par la spécialité, le délai d’accès aux soins, les évolutions techniques, les parcours de formation des étudiants et la proportion demandant une option ou une, les FST, les délais d’installation et les référentiels métier et compétences des hépato-gastroentérologues.

L’investissement des internes, la cohésion des différentes composantes de la spécialité, et la construction d’un argumentaire très solide ont permis de relever le défi de cette maquette à 5 ans dans laquelle les options disparaissent afin qu’un nombre d’internes plus important aient accès aux FST pour une formation courante de qualité avec toutes les compétences nécessaires à pratiquer l’hépato-gastroentérologie et l’oncologie digestive.

Cette bataille gagnée n’est donc qu’un début mais nous avons des atouts. Le e-learning est en place, les compétences en particulier en endoscopie sont bien structurées. Le Livre Blanc de la spécialité est en construction et doit rapidement nous apporter tous les arguments pour défendre l’hépato-gastroentérologie et l’oncologie digestive et faire encore plus envie aux étudiants.

 

Christine Silvain
Past présidente de la SNFGE
Présidente de la CDU-HGE

 
 
  Références :  
 
Titre :   La maquette de formation du DES d’Hépato-Gastroentérologie : une âpre bataille couronnée de succès
 
     
     
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