La quadrithérapie, un réel espoir pour les patients atteints d’hépatite C très difficile à traiter
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Dominique LARREY

Enthousiasme

À la une 19/04/2012

La quadrithérapie, un réel espoir pour les patients atteints d’hépatite C très difficile à traiter

Le traitement de l’hépatite C connaît actuellement une effervescence sans précédent. La meilleure connaissance des sites d’action dans la biologie du virus C offre des cibles thérapeutiques multiples. L’inhibition de la protéase NS3-NS4 en premier lieu, mais également la région NS5A, les anti-polymérases NS5B et la cyclofiline. Déjà, l’automne 2011 a vu apparaître sur le marché les premières antiprotéases anti-NS3/4  à utiliser en trithérapies avec l’interféron pegylé et la ribavirine, ciblées sélectivement sur le génotype 1. Ces nouveaux traitements font passer le taux de réponse virologique prolongée de 40 à 70%, ce qui est déjà un gain supplémentaire très substantiel. Ce n’est visiblement qu’une étape de cette révolution thérapeutique. Il existe en effet près de cinquante autres molécules en cours de développement. Les étapes suivantes vont dans diverses directions : bien entendu pour les patients jusque là jamais traités, le génotype 1 représentant 60-65% de l’ensemble des patients, mais aussi ceux atteints par les autres génotypes. La cible idéale est bien entendue de s’approcher le plus possible des 100%. Les nouveautés thérapeutiques ont également pour objectifs de s’adresser aux difficiles problèmes des non-répondeurs à la bithérapie. Il faut aussi déjà faire face à la non-réponse aux nouvelles trithérapies. Un autre challenge est celui de l’ intolérance à l’interféron ou à la ribavirine ou les deux. Ceci amène donc logique à analyser les effets de la combinaison de plusieurs anti-viraux directs.

Lok et collaborateurs rapportent dans cet article les premiers résultats de cette nouvelle approche avec l’association de deux nouveaux anti-viraux directs, le daclatasvir, un inhibiteur de replication du complexe NS5A et d’une antiprotéase NS3, l’asunaprévir, seuls ou associés à une bithérapie, pour une population particulièrement difficile à traiter, de génotype 1 et vrai non répondeurs à la bithérapie. Il s’agit d’une étude de phase 2a, ouverte, qui a été effectuée chez un nombre encore limité de patients (n=21) . Le critère de jugement a été la réponse virologique prolongée à 12 semaines (RVP12W) après la fin du traitement. Chez les 11 patients recevant  seulement les 2 anti-viraux directs, la RVP12W a été observée chez 4 personnes (36%), 2 des 9 patients de génotype 1a et chez les 2 patients de génotype 1b. Un des 6 patients (tous de génotype 1a) ont eu un échappement virologique sous traitement et des mutants résistants aux deux antiviraux ont été retrouvés dans tous les cas. Pour le second groupe comprenant les 10 patients recevant la même combinaison daclatasvir + asunaprévir avec en plus la bithérapie classique, une RVP12 a été observée chez tous les patients et 9 d’entre eux avaient atteint la RVP 24 semaines après l’arrêt du traitement. En terme de tolérance, la diarrhée a été le principal effet secondaire observé dans les 2 groupes exposés aux antiviraux directs. Une élévation limitée des transaminases a été observée de façon transitoire chez 6 patients.
Commentaires
 

Ce travail préliminaire est extrêmement intéressant car il montre des résultats très prometteurs dans un sous-groupe de patients, extrêmement difficiles à traiter. De ce fait, ils ouvrent une perspective importante sur la notion d’association de nouveaux antiviraux directs aux traitements classiques pour former des quadrithérapies dans une population compliquée à traiter. Les études de phase 3 vont suivre rapidement.

Références
 
Titre :

La quadrithérapie, un réel espoir pour les patients atteints d’hépatite C très difficile à traiter

URL : Preliminary study of two antiviral agents for hepatitis C genotype 1
Auteurs :

Lok A-S, Gardiner D-F, Lawitz E, Martorell C, Everson G-T, Ghalib R, et al

Source(s) :

Article

Revue :

New England Journal of Medicine

Références biblio. :

N Engl J Med 2012 ; 366 : 216-224

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