L'aspirine est efficace dans la prévention du cancer colique au cours du syndrome de Lynch
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Prévention

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Robert BENAMOUZIG

Enthousiasme

À la une 18/11/2011

L'aspirine est efficace dans la prévention du cancer colique au cours du syndrome de Lynch

L'effet protecteur de l'aspirine sur le risque de cancer colorectal est suggéré par de nombreuses études observationnelles ou interventionnelles portant sur la récurrence de lésions adénomateuses. L'étude CAPP2 a inclus 861 patients porteurs d'un syndrome de Lynch qui ont été tirés au sort pour recevoir ou non de l'aspirine à la dose de 600 mg par jour pendant 4 ans. Après un traitement d'une durée moyenne de 25 mois (extrêmes de 1 à 74 mois) et avec un recul de 56 mois  par rapport à la date d'inclusion, une analyse actualisée de données est publiée dans le Lancet. Il est à noter que cette étude avait déjà fait l'objet d'une publication rapportant une absence d'effet protecteur avec un délai de suivi plus court.

Cette nouvelle analyse suggère que l'aspirine diminuerait le risque de développer un cancer colorectal dans cette population qui bénéficiait par ailleurs d'un suivi endoscopique régulier. En effet, parmi les 671 patients pour lesquels des informations concernant le suivi était disponibles, 40 patients ont développé un cancer colorectal : 13 parmi les 342 du groupe aspirine et 27 sur 329 du groupe placebo. Parmi les 190 patients pour lesquels seule l'information durant la période d'intervention est disponible, 8 ont développé un cancer colorectal : 5 sur 85 du groupe aspirine et 3 sur 105 du groupe placebo. Le Hazard ratio (HR) de survenue d'un cancer était de 0.63, c'est à dire diminué de façon non significative (CI 0,35-1.13, p=0,12). Une analyse utilisant une régression de Poisson tenant compte du nombre de tumeur et du délai d'apparition des tumeurs mettait en évidence une diminution du risque de cancer colorectal significative : IRR de 0,56 (CI 0,32-0,99, p=0,05). Cet effet protecteur semblait ainsi "retardé" par rapport au traitement.
Commentaires
 

Le caractère statistiquement limite de la différence observée et l'absence de données complètes concernant la qualité du suivi endoscopique empêchent d'adhérer pleinement aux conclusions des auteurs qui préconisent un traitement par aspirine des patients atteints de syndrome de Lynch. A la fois une analyse plus approfondie des données individuelles des patients de l'étude CAPP2 et de l'étude CAPP3 qui testera 2 doses d'aspirine (600 mg et une dose plus faible vers 100 mg) devraient permettre de confirmer l'effet protecteur de l'aspirine dans cette population. En attendant, l'indication de cette chimioprévention reste un choix à mener au cas par cas.

Références
 
Titre :

L'aspirine est efficace dans la prévention du cancer colique au cours du syndrome de Lynch

URL : Long-term effect of aspirin on cancer risk in carriers of hereditary colorectal cancer: an analysis from the CAPP2 randomised controlled trial
Auteurs :

Burn J, Gerdes A-M, Macrae F, Mecklin J-P, Moeslein G, Olschwang S, Eccles D, Evans D-G, Maher E-R, Bertario L

Source(s) :

Article

Revue :

Lancet

Références biblio. :

Lancet. 2011 Oct 27

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