Le traitement des troubles moteurs de l'œsophage par injections de toxine botulique
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Frank ZERBIB

Enthousiasme

À la une 06/06/2013

Le traitement des troubles moteurs de l'œsophage par injections de toxine botulique

Cette étude randomisée contrôlée a évalué l'efficacité des injections intra-œsophagiennes de toxine botulique dans les troubles moteurs de l'œsophage non achalasiques, à savoir la maladie des spasmes diffus et l'œsophage casse noisettes. Au total, 22 patients été traités à un mois d'intervalle par des injections de toxine ou de sérum physiologique dans un ordre randomisé. Le traitement par Botox consistait en l'injection en 4 quadrants de 50 unités 2 et 7 cm au-dessus de la jonction oeso-gastrique. A un mois, une réponse a été obtenue chez 50% des patients après Botox contre seulement 10% des patients ayant reçu le sérum physiologique. Il était noté une amélioration significative des scores de dysphagie après Botox, mais il n'existait pas d'effet sur les douleurs. A un an, 30% des patients étaient toujours répondeurs.

Commentaires
 

Le traitement des troubles moteurs de l'œsophage non achalasiques reste difficile. Aucun traitement médicamenteux n'a fait la preuve de son efficacité, la plupart des études (avec les dérivées nitrés ou les inhibiteurs calciques) étant soient non contrôlées soient négatives. La toxine botulique est un poison de la jonction neuromusculaire; il est donc logique de l'utiliser dans les troubles moteurs de l'œsophage dits "hyperpéristaltiques". On connaissait l'efficacité, limitée mais incontestable des injections de toxine botulique dans l'achalasie de l'œsophage mais il s'agit de la première étude démontrant leur efficacité dans les autres troubles moteurs œsophagiens. Par définition, la maladie des spasmes œsophagiens et l'œsophage casse-noisettes ne présentent pas d'anomalie de la jonction oeso-gastrique et donc le site d'injection est différent, au niveau du 1/3 inférieur de l'œsophage. Cette étude montre qu'environ un patient sur 2 va tirer bénéfice de cette technique endoscopique simple et sûre. Comme attendu, l'efficacité du traitement est transitoire mais environ un patient sur trois reste répondeur à un an. Cette étude présente quelques limites comme le faible nombre de patients et son caractère monocentrique. Elle permet d'envisager néanmoins des études plus larges, multicentriques, permettant d'évaluer des facteurs prédictifs de réponse et de valider l'utilisation de cette technique en pratique quotidienne.

Références
 
Titre :

Le traitement des troubles moteurs de l'œsophage par injections de toxine botulique

URL : Botulinum Toxin Reduces Dysphagia In Patients With Non-Achalasia Primary Esophageal Motility Disorders
Auteurs :

Vanuytsel T, Bisschops R, Farré R, Pauvels A, Holvoet L, Arts J, Coenepeel P, De Wulf D, Mimidis K, Rommel N, Tack J

Source(s) :

Article

Revue :

Clinical Gastroenteroly and Hepatology

Références biblio. :

Clin Gastroenterol Hepatol. 2013 Avr 13. PII: S1542-3565 (13) 00461-8

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