Les dosages de l'IFX et des anticorps anti-IFX ne seraient pas de bons outils décisionnels
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Docteur Patrick FAURE

Enthousiasme

À la une 11/03/2012

Les dosages de l'IFX et des anticorps anti-IFX ne seraient pas de bons outils décisionnels

Le but de ce travail rétrospectif était d’évaluer chez les patients optimisés pour perte de réponse sous infliximab (IFX), la corrélation entre la réponse clinique et le taux d’IFX résiduel et ou le taux d'anticorps anti-IFX.

Soixante seize patients atteints de MICI ont été inclus. 31 des 76 patients (41%) ont poursuivi un traitement par infliximab sans modification. 39 patients (51%) ont vu leur traitement par IFX optimisé, pour 5 patients (7%) l'IFX a été remplacé par l'adalimumab et un patient a été opéré.

Une réponse clinique a été observée chez 27 patients (69%) dont le traitement avait été optimisé. Les taux d'IFX au moment de la perte de réponse n'étaient pas statistiquement différents chez les patients qui allaient ultérieurement répondre à l'optimisation (3,3± 4.1 microg/ml) et ceux qui n'y répondraient pas (2,3 ± 2,2 microg/ml, p= 0,85).

Concernant les dosages d'anticorps anti-TNF, 16 des 76 patients (22,4%) présentaient des taux détectables. Pour 10 d'entre eux, le traitement par IFX a été optimisé et six (60%) ont répondu cliniquement. Après optimisation, les taux d'anticorps ont baissé chez 5 patients.

Commentaires
 

Ces dernières années, bon nombre de publications se sont intéressées à la mesure des taux résiduels d’infliximab (TRI) et aux anticorps anti-infliximab (ATI) et à l’impact qu’ils pouvaient avoir dans la prise en charge des patients atteints de MICI. Cette étude semble nous suggérer que la réponse à l’optimisation n’est pas prédite par la mesure du taux résiduel d'infliximab et la présence d'ATI. En effet contrairement à certaines données publiées l’efficacité de l’optimisation ne semble pas être influencée par la présence ou pas d’anticorps. Au contraire cette optimisation permettrait de diminuer voire même de négativer les anticorps dirigés contre le médicament. En pratique clinique, ces dosages ne sont pas couramment disponibles et il existe une grande hétérogénéité dans les méthodes de dosages. Pour l’instant l’optimisation du traitement, se fait sur des données cliniques et l’apport des TRI ne semblent pas suffisants pour optimiser la prise de décision thérapeutique chez des sujets qui perdent la réponse à l'infliximab. Bien sur ce travail rétrospectif nécessite des études prospectives pour valider ces résultats et permettre de définir un monitoring individuel des dosages d'infliximab et d’ATI afin de pouvoir établir des algorithmes pertinents et utiles dans la prise en charge des malades atteints de MICI en perte de réponse à l'infliximab. Pour les défenseurs d’une gestion des biothérapies basée sur les TRI et les ATI, il y encore des obstacles à franchir.

Références
 
Titre :

Les dosages de l'IFX et des anticorps anti-IFX ne seraient pas de bons outils décisionnels

URL : Trough levels and antibodies to infliximab may not predict response to intensification of infliximab therapy in patients with inflammatory bowel disease
Source(s) :

Article

Revue :

Inflammatory Bowel Diseases

Références biblio. :

Inflamm Bowel Dis. 2011 Aug 29. doi: 10.1002

SNFGE.org