NIVOLUMAB : une attraction pour le cancer de l’estomac avancé !
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Domaine concerné :
Thérapeutique
Degré d’innovation :
Important
Avancement :
Recherche clinique
Impact patient :
Impact soin :
Important
Intérêt :
arrivée dans la pratique :
Futur proche
 
 
rédacteur :
Yann TOUCHEFEU
enthousiasme :
 
 
24/05/2018
 
  Sujet :  
 
  NIVOLUMAB : une attraction pour le cancer de l’estomac avancé !  
 
 

L’étude ATTRACTION-2 est une étude asiatique de phase III randomisée comparant le nivolumab (3mg/kg tous les 15 jours) au placebo dans les cancers avancés de l’estomac ou de la jonction œso-gastrique en troisième ligne thérapeutique ou au-delà. L’objectif principal était la survie globale.

L’étude a inclus 493 patients (randomisation 2 :1). L’objectif principal a été atteint. La survie globale médiane a été de 5,26 mois dans le groupe nivolumab, 4,14 mois dans le groupe placebo (HR 0,63, IC95% [0,51-0,78], p<0,0001). La survie sans progression médiane a été de 1,61 mois dans le groupe nivolumab, 1.45 mois dans le groupe placebo (HR 0,60, IC95% [0,49-0,75], p<0,0001). Le taux de réponse objective a été de 11% dans le groupe nivolumab (aucune réponse dans le groupe placebo), avec une durée médiane de réponse de 9,5 mois. L’effet était indépendant de l’expression de PD-L1 dans la tumeur.

 
 
Commentaires
 
 

Il s’agit de la première étude de phase III positive évaluant une immunothérapie par inhibiteur de check-point kinase en oncologie digestive. Le taux de réponse est faible. La population était lourdement prétraitée (20% traitée en troisième ligne, 40% traitée en quatrième ligne, 40% au-delà) mais en bon état général à l’inclusion (OMS 0 = 29%, OMS 1 = 71%). Les réponses sont rares, mais durables. Les toxicités étaient acceptables, le traitement était sans doute aussi trop court pour voir des toxicités tardives d’immunothérapie. Il n’y a pas de traitement standard actuel au-delà de la deuxième ligne, une comparaison au placebo était donc légitime. Il est cependant difficile de transposer ces résultats à une population non asiatique. Les cancers gastriques asiatiques et non asiatiques ont des signatures d’expressions des gènes impliqués dans l’immunité et la fonction lymphocytaire T différentes. Cela ne veut pas dire que les résultats seraient moins bons dans une population non asiatique, peut-être même meilleurs, mais on ne sait pas. La recherche de biomarqueurs prédictifs est primordiale, elle est limitée dans cette étude en l’absence de recueil de prélèvement tumoral nécessaire à l’inclusion. Il n’y a pas dans cette publication de description de la population avec instabilité micro-satellitaire tumorale (décrite avec de grandes variations entre les séries, dans environ 5-30% des cancers gastriques), qui pourrait être celle bénéficiant le plus du traitement. Des données complémentaires sont attendues.

 
 
  Références :  
 
Titre :   NIVOLUMAB : une attraction pour le cancer de l’estomac avancé !
Titre original :   Nivolumab in patients with advanced gastric or gastro-oesophageal junction cancer refractory to, or intolerant of, at least two previous chemotherapy regimens (ONO-4538-12, ATTRACTION-2): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial
Auteurs :   Kang YK, Boku N, Satoh T, Ryu MH, Chao Y, Kato K, Chung HC, Chen JS, Muro K, Kang WK, Yeh KH, Yoshikawa T, Oh SC, Bai LY, Tamura T, Lee KW, Hamamoto Y, Kim JG, Chin K, Oh DY, Minashi K, Cho JY, Tsuda M, Chen LT
Source :   Article
Revue :   Lancet
Références biblio. :   Lancet. 2017 Dec 2;390(10111):2461-2471
 
     
     
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