Perte de l' AgHBs après traitement par analogues : rare, mais durable et de bon pronostic
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Emile-alexandre PARIENTE

Enthousiasme

À la une 13/01/2014

Perte de l' AgHBs après traitement par analogues : rare, mais durable et de bon pronostic

 

Dans une cohorte coréenne de 5409 malades traités par analogues depuis fin 1999 (lamivudine pour les 3408 premiers, entecavir pour les 2001 suivants), qui avaient une hépatite chronique B « pure », dont la moitié avait initialement une cirrhose et 2/3 étaient porteurs de l’ AgHBs, 110 ont perdu l’ AgHBs. Cette perte était toujours précédée de celle de l’AgHBe (3 ans auparavant en moyenne) quand il était initialement présent. Elle survenait après une durée médiane de traitement de 4,3 années. Elle était lentement suivie de l’ apparition de l’ anticorps anti-HBs (34% à 1an, 67% à 4 ans). Les chances de perte de l’AgHBs étaient plus grandes si les transaminases étaient initialement élevées, et réduites si l’AgHBe était présent, la virémie (ADN-VHB) forte et s’il existait une cirrhose.
 
La réappariton de l’AgHBs était rare (8/110), assez précoce (< 3 ans), et transitoire 7 fois sur 8. La réapparition de l’ADN-VHB fut peu fréquente (17/110), transitoire dans la moitié des cas, persistant à une concentration très faible (< 100 UI/mL) dans l’ autre.
 
Après un suivi moyen de 2 ans (287 malades-années), il y eut 2 décès chez des malades atteints de cirrhose : une décompensation postopératoire et un carcinome hépatocellulaire, mais aucune autre décompensation de cirrhose. Comparés à des témoins de la cohorte appariés à l’ aide d’ un score de propension, le risque de décès sans transplantation était réduit de 90%(IC 95% : 72-99%), et celui de cacinome hépatocellulaire de 94% (IC 95 %: 59-99%).
Commentaires
 

La perte de l’AgHBs est ce qui peut arriver de mieux quand on a une hépatite chronique B : cette perte peut être spontanée, et on sait qu’alors le risque de décompensation de la maladie hépatique devient presque nul et que celui de carcinome hépatocellulaire est très réduit, persistant cependant notamment en cas de cirrhose. On sait aussi qu’obtenue après un traitement par l’interféron elle garde les mêmes caractéristiques. La perte de l’ AgHBs sous/après traitement pr les analogues, qui reste ici un événement rare (0,3% par an) est durable et de bon pronostic. Le risque de séroréversion HBs est faible et apparemment sans grande incidence pronostique. Attention cependant au risque de réactivation après traitement corticoÎde/immunosuppresseur/cytotoxique qui rend nécessaire une surveillance étroite et une chimioprophylaxie, et au risque tardif de carcinome hépatocellulaire qui ne sera pas annulé, surtout en cas de cirrhose. Garder en mémoire que cette étude n'est pas un essai contrôlé, et ne prouve pas que le traitement par analogues augmente les chances de perdre l' AgHBs; peut être est ce surtout la virosuppression prolongée qui est l'important (comme le suggère les tout récents résultats de l' étude REVEAL); il reste que la perte de l' AgHBs est sans doute le moment le plus sûr pour l'arrêt éventuel des analogues. Analyse détaillée prochaine dans HépatoGastro et Oncologie Digestive, bien entendu !

Références
 
Titre :

Perte de l' AgHBs après traitement par analogues : rare, mais durable et de bon pronostic

Titre original :

HBsAg seroclearance after nucleoside analogue therapy in patients with chronic hepatitis B: clinical outcomes and durability

Auteurs :

Kim G-A, Lim Y-S, An J, et al

Source(s) :

Article

Revue :

Gut

Références biblio. :

Gut 2013, doi: 10.1136/gutjnl-2013-305517

Liens utiles
Page en relation avec ce sujet
   
SNFGE.org