Place du mycophénolate mofétil en 1ère ligne du traitement des hépatites auto-immunes
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Faible

Avancement
Recherche clinique

Impact patient

Impact soin
Moyen

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Docteur Lucy Meunier

Enthousiasme

À la une 06/12/2022

Place du mycophénolate mofétil en 1ère ligne du traitement des hépatites auto-immunes

L’azathioprine est considéré depuis 40 ans comme le traitement de maintenance de référence des hépatites auto-immunes. Le taux de réponse est pourtant seulement de 43 % et environ 15 à 25 % des patients développent une intolérance nécessitant un changement de traitement. Dans cette indication, le mycophénolate mofétil (MMF) est utilisé en 2ème ligne, mais plusieurs équipes ont déjà discuté de son intérêt en 1ère ligne. Cette étude rapporte l’expérience grecque du MMF en 1ère ligne dans une cohorte de patients suivis pendant une vingtaine d’année.


Entre janvier 2000 et décembre 2020, 292 patients avec HAI ont été inclus dont 266 avec indication de traitement : corticoïdes seuls (n=19), ou en combinaison avec azathioprine (n=64) ou MMF (n=183). Il s’agissait majoritairement de femmes, pour la moitié la présentation clinique était une forme aiguë et environ 20 % étaient cirrhotiques. Les patients traités par MMF avaient un taux de non réponse plus bas (p=0.02) et un taux de réponse biologique complète plus élevé à 12 mois (86 % vs. 71.8 % ; p<0.05) et à la fin de suivi (96 % vs. 87.2 %, p=0.03) en comparaison aux patients traités par azathioprine. Les changements de traitements étaient plus fréquents dans le groupe azathioprine (43.7 % vs. 11 % ; p<0.001) souvent en raison d’une intolérance du traitement. Le MMF était mieux toléré avec un taux d’effets secondaires plus bas (3.8% vs. 18.8%; p=0.0003). Enfin, les patients traités par MMF étaient plus souvent éligibles à un arrêt du traitement au long cours selon les recommandations en vigueur (p<0.05).


Le MMF semble être une option alternative efficace de traitement de 1ère ligne de des hépatites auto-immunes avec une meilleure efficacité et tolérance dans cette étude.
 

Commentaires
 

Il s’agit de la plus large cohorte de patients avec hépatites auto-immunes suivi à long terme sous traitement par MMF. Ces résultats sont très intéressants car ils mettent en évidence une meilleure efficacité et tolérance du MMF. Ces résultats font discuter la place du MMF en 1ère ligne de traitement à la place de l’azathioprine alors qu’il est plutôt habituellement réservé en cas de mauvaise tolérance de l’azathioprine.


Bien sûr, ces résultats ne sont pas issus d’un essai randomisé comparant les 2 traitements et doivent donc être pris avec précaution. Ils confirment néanmoins la bonne tolérance du MMF qui était déjà connue. Il est utile de rappeler que le MMF est formellement contre indiqué en cas de grossesse, chez les jeunes femmes en âge de procréer il peut être utilisé avec vigilance. En cas de projet de grossesse, l’azathioprine reste l’option à privilégier.

Références
 
Titre :

Place du mycophénolate mofétil en 1ère ligne du traitement des hépatites auto-immunes

Titre original :

Long-term results of mycophenolate mofetil vs. azathioprine use in patients with autoimmune hepatitis

Auteurs :

George N. Dalekos, Pinelopi Arvaniti, Nikolaos K. Gatselis, Stella Gabeta, Anna Samakidou, George Giannoulis, Eirini Rigopoulou, George K. Koukoulis, Kalliopi Zachou

Source(s) :

Article

Revue :

JHEP Reports

Références biblio. :

https://doi.org/10.1016/j.jhepr.2022.100601

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