Pratique et perception de la stéatohépatite métabolique chez les hépatogastroentérologues en France
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Professeur Dominique LARREY

Enthousiasme

À la une 11/10/2012

Pratique et perception de la stéatohépatite métabolique chez les hépatogastroentérologues en France

Il a fallu de nombreuses années pour que le concept de maladie pseudo-alcoolique du foie ou stéatohépatite métabolique soit reconnu depuis sa description en 1981. Il est donc intéressant de voir comment cette pathologie, dont l’existence était encore contestée au tournant de l’année 2000, est maintenant reconnue et prise en charge dans la communauté gastroentérologique.

Cette enquête a été conduite par un groupe d’hépatogastroentérologues de pratique différentes, universitaire, libérale, hospitalière non universitaire, sous la conduite de Vlad Ratziu chez 352 praticiens. La distribution professionnelle a été la suivante : praticiens d’hôpitaux universitaires 36%, praticien d'hôpitaux non universitaires 45%, praticien avec activité libérale 10% et  activité mixte libérale et hospitalière 9%. La moitié des participants déclaraient voir plus de 30 nouveaux cas par an de stéatohépatite métabolique et 40% plus de 5 nouveaux cas de cirrhose métabolique par an. Seuls 20% des participants avaient des patients qui étaient référés par des endocrinologues. A l’inverse, les gastroentérologues envoyaient de façon fréquente leurs patients aux endocrinologues pour le bilan des comorbidités métaboliques.
Le diagnostic repose très largement sur les transaminases, ce qui a pour conséquence que les cas associés à des transaminases normales ne sont pas diagnostiqués. La biopsie hépatique est habituellement effectuée pour évaluer la fibrose mais non pour faire le diagnostic ou établir le grade d’activité inflammatoire de la stéatohépatite. La tendance est un usage croissant des méthodes non invasives pour le diagnostic et l’établissement du stade de sévérité.
Un traitement pharmacologique est couramment utilisé en dépit des preuves d’efficacité limitées. La plupart des médecins suivent leurs patients eux-mêmes, en général 2 fois par an.

Commentaires
 

Les enseignements à tirer de cette enquête sont qu’il reste un gros travail à faire pour que nos collègues endocrinologues adressent les patients atteint de stéatohépatite aux hépatogastroenterologues pour une évaluation diagnostique et de sévérité. L’exploration repose encore principalement sur les seules transaminases, ce qui aboutit à une sous-évaluation des cas et un risque d’évolution vers des formes beaucoup plus compliquées. Tout ceci incite à intensifier l’enseignement à un ensemble de praticiens beaucoup plus large, afin de mieux faire connaître et diagnostiquer cette pathologie dont la prévalence est en forte hausse avec l’accroissement de l’obésité et du style de vie occidental.

Références
 
Titre :

Pratique et perception de la stéatohépatite métabolique chez les hépatogastroentérologues en France

Titre original :

A survey of patterns of practice and perception of NAFLD in a large sample of practicing gastroenterologists in France

Auteurs :

Ratziu V, Cadranel J-F, Serfaty L, Denis J, Renou C, Delassalle P, Bernhardt C, Perlemuter G

Source(s) :

Article

Revue :

Journal of Hepatology

Références biblio. :

J. Hepatol 2012 ; 57 : 376-383

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