Préparation à la coloscopie : quel est le bon choix ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Moyen

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Philippe GODEBERGE

Enthousiasme

À la une 16/06/2011

Préparation à la coloscopie : quel est le bon choix ?

Cette étude prospective a porté sur 634 patients ; elle avait pour objectif premier l’évaluation de l’efficacité des 3 types de préparation colique : osmotique (à base de NaP), stimulant (picosulfate de Na) et lavage (PEG). Un objectif secondaire était la comparaison de l’incidence des lésions inflammatoires iatrogènes. Les patients étaient ambulatoires avec des préparations similaires à celles préconisées par la SFED et qui ont été respectée dans 90 à 100 % des cas (la fourchette basse étant pour le PEG). La randomisation était de type 2 (PEG) -1-1. Chaque opérateur, ignorant le type de préparation notait selon l’échelle d’Ottawa la qualité de la préparation segment par segment, permettant de donner un score global allant de 0 (préparation parfaite) à 14 (la pire).

Beaucoup de données sont exposées mais les principales sont : (1) le NaP donne la préparation la plus médiocre dans tous les cadrans et globalement,  le matin ; (2) en terme de propreté, il n’y a  pas de différence entre le picosulfate et le PEG ; (3) en prenant comme seuil de préparation un score Ottawa > 7 (donc avec un ou plusieurs cadrans très sales), la préparation était insuffisante chez 17 et 15 % des PEG ou picosulfate, contre 32 % en cas de prise de NaP ; (4) il n’y a pas de différence entre le matin et l’après midi pour le PEG et le picosulfate.
 
En ce qui concerne les lésions iatrogènes, leur incidence est faible. Le caractère iatrogène est basé sur l’exclusion des MICI et des AINS et sur les biopsies systématiques lors de l’endoscopie. Des lésions aphtoïdes et/ou érythémateuses sont retrouvées respectivement pour les PEG/NaP /picosulfate dans 0,35/3,4/ 3,5 % des cas.
Commentaires
 

Cette étude porte sur un nombre très élevé de cas ce qui lui donne une portée que peu d’études ont dans ce domaine. Elle consacre l’efficacité des PEG et du picosulfate de sodium ; ceci sans effets secondaires notables. Le problème de Na P, outre sa moindre efficacité, c’est la complexité de son usage car il faut adapter les horaires de prises, ce qui, ajouté aux respects des contre indications en fait un produit au final peu simple à utiliser. On peut être réservé sur l’utilisation de l’échelle d’Ottawa qui est assez complexe et comporte des biais. Il s’agit d’une échelle non scolaire ; intuitivement un score de 0 est moins bon qu’un score de 10. Ici c’est l’inverse. Comme la notation se fait par quadrant, un même score peut correspondre à une préparation très médiocre dans un quadrant et correcte ailleurs (il faut refaire la coloscopie), ou à une préparation moyenne diffuse mais acceptable car lavable/aspirable. Cette critique faite au système d’Ottawa est à pondérer car en règle générale la médiocrité de la préparation est répartie sur l’ensemble du côlon même si une mauvaise préparation domine dans le côlon droit (communication personnelle de l’auteur). La plus forte incidence des lésions induites pas le picosulfate et le NaP les font contre indiqués en cas de MICI. On ignore si cette incidence augmente en cas de MICI. Si cette précaution paraît essentielle quand l’endoscopie est à visée diagnostique, elle peut sembler moins établie si on veut suivre simplement une MICI connue. Picosulfate et NaP n’ont néanmoins pas d’indication (AMM) en cas de MICI. La crainte est notamment que les lésions de la muqueuse induites par la préparation puisse favoriser une poussée de la maladie.

Références
 
Titre :

Préparation à la coloscopie : quel est le bon choix ?

URL : Bowel cleansing for colonoscopy: prospective randomized assessment of efficacy and of induced mucosal abnormality with three preparation agents
Auteurs :

Lawrance I-C, Willert R-P, Murray K

Source(s) :

Article

Revue :

Endoscopy

Références biblio. :

Endoscopy. 2011 May;43(5):412-8

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