Près de 4 % des cancers pancréatiques sont génétiques
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Type
Type 1

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Moyen

Avancement
Faisabilité technique

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Jean-Christophe SAURIN

Enthousiasme

À la une 11/05/2015

Près de 4 % des cancers pancréatiques sont génétiques

Le but de ce travail était de déterminer la part génétique des cancers pancréatiques. 290 patients sélectionnés à partir de 708 patients porteurs d’un adénocarcinome ductulaire pancréatique (ADP) à un âge moyen de 64 ans ont eu par séquençage l’analyse de 13 gènes suppresseurs de tumeur. La sélection consistait à réduire le biais d’antécédents familiaux (cancers du pancréas, sein, colon) afin de déterminer la prévalence exacte de mutations constitutionnelles dans une population d’ADP. Onze mutations clairement délétères (soit 3,8 % des cas) étaient identifiées. Ces mutations concernaient le syndrome de Lynch (3 cas), le syndrome sein-ovaires (BRCA 1 OU 2, 3 cas), le gène TP 53 (1 cas, syndrome de Li-Fraumeni) et le gène ATM (syndrome d’ataxie télangiectasie) dans 3 cas. La fréquence d’une anomalie génétique constitutionnelle était significativement plus importante en cas d’antécédent personnel ou familial de cancer du sein ou du côlon (11 % vs 2-3 %).

Commentaires
 

Ce travail important prend à rebrousse-poil les études classiques qui cherchent à déterminer la fréquence d’un syndrome génétique connu dans des familles à haut risque de cancer du pancréas (plusieurs antécédents familiaux). Il montre la vraie part génétique/héréditaire des cancers pancréatiques, soit 3,8 % lorsque l’on estime la part génétique des cancers colorectaux à 5 %. Pour tous ces patients chez qui est identifiée une mutation constitutionnelle, cette découverte est importante, principalement pour leurs familles évidemment, compte tenu du pronostic de l’ADP. Une nuance est à apporter pour le gène ATM : l’ataxie télangiectasie est une maladie grave (déficit immunitaire et ataxie cérébelleuse) mais récessive, la présence d’une seule mutation ne permettant pas son développement. Cependant, la haute fréquence de mutation hétérozygote d’ATM dans ce groupe de patients justifierait de rechercher sa présence dans d’autres cancers, en particulier les cancers fréquents comme le côlon, pour définir de nouveaux groupes à risque. Cette approche peut paraitre lourde, mais va fortement se simplifier dans les années qui viennent du fait de la très grande capacité de séquençage à haut débit des machines récentes qui représente une révolution pour la génétique. Il est probable que dans un avenir relativement proche une analyse constitutionnelle multi-gènes soit proposée devant certains cancers apparemment sporadiques.

Références
 
Titre :

Prevalence of Germline Mutations in Cancer Predisposition Genes in Patients With Pancreatic Cancer

Titre original :

Cancer du pancreas : quelle part génétique ?

Auteurs :

Robert C. Grant, Iris Selander, Ashton A. Connor, Shamini Selvarajah, Ayelet Borgida, Laurent Briollais, Gloria M. Petersen, Jordan Lerner-Ellis, Spring Holter, and Steven Gallinger

Source(s) :

Article

Revue :

Gastroenterology

Références biblio. :

Grant RC, Gastroenterology 2015 Vol. 148, 556-564

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