Prévention de la lithiase vésiculaire dans la perte de poids rapide
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Prévention

Degré d'innovation
Important

Avancement
Recherche clinique

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Emile-alexandre PARIENTE

Enthousiasme

À la une 21/04/2014

Prévention de la lithiase vésiculaire dans la perte de poids rapide

Une équipe allemande rapporte la méta-analyse des essais contrôlés randomisés évaluant l’efficacité des différentes stratégies destinées à prévenir la survenue ou les complications de la lithiase biliaire, dont les risques sont clairement augmentés après un amaigrissement rapide obtenu par régime restrictif ou chirurgie bariatrique. Huit essais randomisés concernaient des malades soumis à un régime restrictif, cinq à la chirurgie bariatrique.

L’acide ursodésoxycholique (Urso), donné à la dose de 500 à 1200 mg/j pendant 6 à 24 semaines  réduisait fortement le risque de développer des calculs vésiculaires (juge de paix : échographie) : 5% contre 23 %, rapport de risques (RR)  0,33 ; IC 95% : 0,18-0,60, plus fortement encore après régime restrictif (RR 0,17)  qu’après chirurgie bariatrique (RR 0,47). Le traitement par Urso réduisait aussi le risque de cholécystectomie pour lithiase biliaire symptomatique (RR 0,20, IC 95% : 0,07-0,53).

Les régimes restrictifs riches en graisses réduisaient également le risque de lithiase biliaire comparées au régime standard (RR 0,09 ; IC 95% : 0,01-0,61) ; ils ne diminuent pas (voire stimulent ?) la motricité vésiculaire.

Ni l’ Urso, ni les régimes restrictifs riches en graisses n’avaient d’effets secondaires favorables ou néfastes supplémentaires.

Commentaires
 

Il est donc raisonnable d’ajouter de l’ Urso dès le début d’un régime restrictif (ou le plus tôt possible après la chirurgie bariatrique) devant provoquer une perte de poids rapide. Cela se fera après information supplémentaire du malade et théoriquement à ses frais, le médicament n’ayant pas l’autorisation de mise sur le marché dans cette indication. La dose quotidienne optimale est mal définie, d’autant que la réduction obtenue avec les doses « fortes » semble supérieure à celle obtenue avec des doses « faibles » ( RR de lithiase : 0,11 vs 0,29, la différence n’étant pas significative). Savoir s’il vaut mieux utiliser des régimes restrictifs riches en graisses ou non, je laisse lâchement cette discussion à mes collègues nutritionnistes. Beaucoup de nos collègues chirurgiens font un choix plus radical: ils enlèvent la vésicule biliaire au cours de l’intervention. L’efficacité sur la prévention de la lithiase vésiculaire est alors certaine, mais les risques de complications postopératoires et d’allongement de la durée de séjour sont augmentés, et la perte de ce petit organe peut causer une diarrhée gênante est irréversible. Une méta-analyse récente (Warschkow et al. Obes Surg 2013;23:397) conclut qu’il vaut mieux s’abstenir, en raison du faible risque d’indication de cholécystectomie (7%) et de sa très faible morbidité après chirurgie bariatrique. Laissons donc la vésicule aux obèses qui maigrissent, mais améliorons leur bile !

Références
 
Titre :

Prévention de la lithiase vésiculaire au cours d'une perte de poids thérapeutique rapide.

Titre original :

Ursodeoxycholic Acid and Diets Higher in Fat Prevent Gallbladder Stones During Weight Loss: A Meta-analysis of Randomized Controlled Trials

Auteurs :

Stokes CS, Gluud LL, Casper M, Lammert F.

Source(s) :

Article

Revue :

Clin Gastroenterol Hepatol.

Références biblio. :

Clin Gastroenterol Hepatol. 2013. doi:10.1016/j.cgh.2013.11.031

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