Quel taux de rechute après chirurgie laparoscopique anti-reflux ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Moyen

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Professeur Frank ZERBIB

Enthousiasme

À la une 02/11/2017

Quel taux de rechute après chirurgie laparoscopique anti-reflux ?

Les auteurs de cette étude suédoise ont évalué les taux de rechute du RGO après chirurgie anti-reflux par laparoscopie. A partir des données d’un registre national de sécurité sociale, 2655 patients ont été identifiés entre janvier 2005 et décembre 2014. Chez les patients opérés, le diagnostic de rechute était fait en cas de prescription d’antisécrétoires de plus de 6 mois ou de reprise chirurgicale. Après un recul médian de 5,6 ans, le taux de rechute était 17,7%, la majorité des patients (83,6%) étant traitée médicalement. Les facteurs de risque de rechute était le sexe féminin, l’âge supérieur à 61 ans, et les comorbidités. Le nombre d’interventions effectuées dans le centre n’avait pas d’influence sur le taux de rechute. Le taux de complications était bien plus important après la 2eme intervention (23,4%) qu’après la 1ere fundoplicature (4,1%), la plus fréquente étant les infections.

Commentaires
 

Cette étude est importante par la taille des effectifs considérés, et par le fait qu’il s’agisse d’une étude « en vie réelle ». En effets, comme dans beaucoup d’autres domaines, les résultats des études randomisées menées dans des centres experts sont loin d’être reproductibles dans d’autre situations moins favorables. Il faut néanmoins noter que le volume d’interventions anti-reflux n’avait pas d’influence significative sur le taux de récidives. Les taux rapportés dans cette étude sont globalement inférieurs à ceux rapportés jusqu’à présent, variant plutôt de 30 à 40 % de patients reprenant des antisécrétoires. Une explication optimiste serait de considérer que les patients sont maintenant mieux sélectionnés et mieux opérés que par le passé, mais cette étude remonte tout de même jusqu’à 2005…L’explication un peu moins optimiste serait de considérer les taux sous-estimés en raison d’un large recours à l’automédication, même si cette éventualité est peu probable compte tenu du coût de ces traitements pris sur le long terme. Un des problèmes de cette étude reste que le diagnostic de récidive de RGO repose essentiellement sur la consommation d’antisécrétoires, alors que l’on sait que nos patients prennent ces traitements pour de multiples raisons, et pas toujours en rapport avec un RGO. De même les réinterventions peuvent être liées à des problèmes de dysphagie, de migration de valve, sans que cela soit nécessairement une récidive de reflux. Néanmoins, « en intention de traiter », ces résultats doivent être pris en compte, et nous permettent d’expliquer à nos patients qu’ils ont un risque significatif de reprendre des traitements antisécrétoires quelques années après la fundoplicature… Information importante car l’arrêt des traitements est l’une des principales motivations des médecins et des malades pour envisager une prise en charge chirurgicale du RGO. A méditer donc…

Références
 
Titre :

Quel taux de rechute après chirurgie laparoscopique anti-reflux ?

Titre original :

Association Between Laparoscopic Antireflux Surgery and Recurrence of Gastroesophageal Reflux

Auteurs :

Maret-Ouda J, Wahlin K, El-Serag HB, Lagergren J.

Source(s) :

Article

Revue :

JAMA

Références biblio. :

JAMA. 2017 Sep 12;318(10):939-946. doi: 10.1001/jama.2017.10981

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