Recommandations de suivi proctologique des personnes infectées par le VIH
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Prévention

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Laurent ABRAMOWITZ

Enthousiasme

À la une 01/03/2012

Recommandations de suivi proctologique des personnes infectées par le VIH

Le cancer de l’anus connait une forte augmentation ces dix dernières années dans la population infectée par le VIH où il représente le 3ème cancer le plus fréquent chez l’homme et le 7ème chez la femme.

Ce cancer à pour origine, comme le cancer du col de l’utérus, une infection par les papillomavirus humains (HPV) au niveau de la muqueuse ano-génitale. De telles infections sont fréquentes dans la population générale et s’acquièrent dès les premiers rapports sexuels. Elles sont la plus part du temps naturellement éliminées par l’organisme. Dans certains cas l’infection peut devenir persistante et induire des modifications de la muqueuse bénignes (condylomes) et/ou malignes (dysplasies). L’infection VIH est un facteur important de persistance et de réactivation des infections à HPV, particulièrement les génotypes oncogènes HPV16 et 18, exposant la population infectée par le VIH à un plus grand risque de cancer anal (RR de 40 à 80). 

C’est la raison pour laquelle les rapports consacrés à la « prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH », recommandent un dépistage et un suivi proctologique chez : les hommes ayant des rapports sexuels anaux, les patients ayant un antécédent de condylomes anogénitaux et les femmes ayant une dysplasie ou un cancer du col utérin(1). Différentes méthodes de dépistage des lésions anales sont possibles. Pour le moment et de façon pragmatique, l’examen proctologique est recommandé avec un examen de la marge anal, un toucher ano-rectal et une anuscopie, permettant de prendre en charge l’ensemble des pathologies anales de ces patients(2).

Commentaires
 

Cependant, ces recommandations simple de suivi proctologique semblent aujourd’hui trop peu souvent respectées dans la pratique. Le tabou entourant cette partie de notre anatomie explique une partie des freins à leur mise en œuvre, mais il semble aussi que les infectiologues se trouvent parfois démunis lorsqu’ils veulent adresser un patient à un proctologue ou gastroentréologue exerçant dans leur localité. C’est la raison pour laquelle l’Institut national du cancer (INCa) prévoit une communication sur ce sujet en 2012. Des brochures à destinations des professionnels de santé et des patients ont été élaborées en collaboration avec la société nationale française de colo-proctologie (SNFCP), la société nationale française de gastroentréologie (SNFGE), la société française de lutte contre le sida (SFLS), la société de pathologie infectieuse de langue francaise (SPILF), le groupe interassociatif qui rassemble huit associations de lutte contre le sida/VIH (Trt-5). Une brochure sera prochainement envoyée par courrier postale à l’ensemble des proctologues gastroentérologue. Elle rappelle les recommandations en vigueur et invite les médecins à se manifester auprès des structures de coordination régionales des soins pour les personnes infectées par le VIH (COREVIH) dont la liste est disponible sur le site internet de la SFLS (http://www.sfls.aei.fr/corevih/annuaire-corevih.asp). Les brochures médecins et patients peuvent être commandées gratuitement sur le site internet de l’INCa (http://www.e-cancer.fr/diffusion) notamment pour une mise à disposition en salle d’attente.

Références
 
Titre :

Recommandations de suivi proctologique des personnes infectées par le VIH

Auteurs :

Abramowitz L

Source(s) :

Congrès

Références biblio. :

Rapports 2008 et 2010, sous la direction du Pr Patrick Yéni, avec le soutien du ministère de la Santé et des Sports « Prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, recommandations du groupe d’experts », La Documentation Française

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