Rectite réfractaire et infliximab
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Moyen

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Philippe GODEBERGE

Enthousiasme

À la une 07/04/2011

Rectite réfractaire et infliximab

Cette étude rétrospective porte sur un groupe de 420 colites ulcéreuses, traitées entre janvier 2005 et Septembre 2009 dans 6 centres tertiaires Français par de l’infliximab(IFX). 3% (n=13) ont été identifiés comme atteint d’une rectite réfractaire au traitement standard de référence (Salicylés, corticostéroïdes) ; 11 d’entre eux résistaient également aux immunosuppresseurs (thiopurines, methotrexate, ciclosporine). L’efficacité du traitement a été évalué à court terme (% de patient mis en rémission à l’issu du traitement initial), et à plus long terme. Le groupe était hétérogène puisque le traitement par IFX n’était pas standardisé : tous les patients ont reçus le traitement d’induction (semaine 0.2 et 6) ; 9 ont eu un traitement d’entretien avec 7 perfusions en moyenne au cours de l’étude (n= 1-25). 

A l’issu du traitement d’induction, 9 patients étaient en rémission complète, 2 en rémission partielle soit 85% de réponse clinique, incluant les 8 patients sous immunosuppresseurs au moment de l’induction. Deux patients ont été classés « non répondeurs » d’emblée. Pour le long terme (suivi moyen de 17 mois), 9 des 11 répondeurs initiaux restaient répondeurs, même si une optimisation du traitement par IFX a été parfois nécessaire; ce groupe incluait 7 des 8 patients sous immunosuppresseurs lors de la phase d’induction. Deux répondeurs complets rechutaient. Un patient a du être opéré alors que l’atteinte s’étendait sur le côlon, l’autre restait réfractaire y compris au tacrolimus.
 
Compte tenu de l’effectif et du caractère rétrospectif de l’étude, la portée des données concernant la biologie (CRP) et l’endoscopie, sont plus dispersées. Une tendance se dessine: les patients dont les lésions s’améliorent sous traitement initial, ont plutôt une réponse clinique. Néanmoins deux non répondeurs, ont vu les lésions endoscopiques s’améliorer.
Commentaires
 

La rectite ulcéreuse représente 1 à 2 RCH sur 3. Volontiers récidivante, elle est particulièrement difficile à prendre en charge dans sa forme réfractaire. La littérature est suffisamment pauvre pour qu’une étude, même rétrospective, sur ce sujet difficile, soit signalée. Les études Act 1 et Act 2 n’ont pas pris en compte les formes rectales et de nombreuses autres études sont unicentriques et portent des séries limitées. Les chiffres retrouvés ici sont à mettre en parallèle avec les données connues pour les colites gauches et les pan colites et sont du même ordre de grandeur. Il n’y a donc pas de raison d’exclure les formes rectales des études sur l’argument d’un taux de réponse habituellement moins bon. Le critère principal est le plus intéressant. Les autres données sont plus dissociées, même si elles restent cohérentes avec le taux de rémission ; c’est le cas notamment de la CRP qui diminue sous traitement chez les répondeurs, de même que les lésions endoscopiques. Au total, les rectites réfractaires sont a priori éligibles à un traitement par IFX. Les auteurs n’ont pas pu mettre en évidence de facteur prédictif de la réponse. Pour ces formes peu fréquentes et disséminées au sein de centre tertiaire, un essai randomisé à venir est très improbable.

Références
 
Titre :

Rectite réfractaire et infliximab

URL : Infliximab for refractory ulcerative proctitis
Auteurs :

Bouguen G, Roblin X, et al

Source(s) :

Article

Revue :

Aliment Pharmacol Ther.

Références biblio. :

Infliximab for refractory ulcerative proctitis

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