Risque de carcinome hépatocellulaire après une thérapie anti-virale à action directe contre le VHC
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Domaine concerné :
Thérapeutique
Degré d’innovation :
Important
Avancement :
Validé
Impact patient :
Impact soin :
Important
Intérêt :
arrivée dans la pratique :
Confirmation
 
 
rédacteur :
Docteur Jean-Louis PAYEN
enthousiasme :
 
 
27/04/2018
 
  Sujet :  
 
  Risque de carcinome hépatocellulaire après une thérapie anti-virale à action directe contre le VHC  
 
 

Une controverse est née concernant le risque de développement d’un carcinome hépatocellulaire (CHC) chez les patients atteints d’une cirrhose post hépatitique C traités par Anti-Viraux Directs (AVD) suite à la publication alarmante d’une équipe espagnole M. Reig et al (J Hepatol 2016 ; 65 :719-726) qui observait une augmentation du risque de CHC chez les malades traités, toutefois non observée par d’autres études notamment française (S. Pol J Hepatol 2016 ; 65 :634-640) et asiatique (QL. Zeng J Hepatol 2016 ; 65 :1068-69). La préoccupation était d’autant plus grande que l’interféron (IFN) avait lui démontré son efficacité pour réduire ce risque.

Ainsi les buts de ce travail étaient :

  1. comparer le taux de survenue d’un CHC à la suite d’une réponse virologique soutenue (RVS) après traitement par IFN ou AVD ;
  2. comparer le taux de récidive du CHC chez les patients traités, entre autres, par l’une ou l’autre des molécules dans un projet curatif du CHC.


Les critères d’inclusion étaient donc simples : patients cirrhotiques…

Les critères de jugement également : survenue d’un CHC ou récidive d’un CHC.

Après un travail de recherche sur les études publiées sur ce sujet, 41 études ont été retenues regroupant 13 875 patients : 26 concernaient le risque de survenue d’un CHC (17 avec l’IFN et 9 avec les AVD) ; 17 sur la récidive (7 avec l’IFN et 10 avec les AVD).

Les résultats principaux de ce travail sont que le traitement par les AVD n’est pas associé à une fréquence accrue de CHC (RR : 0.68), il en est de même pour la récidive (RR : 0.62).

 
 
Commentaires
 
 

Ces résultats nous apportent une certaine sérénité concernant cette délicate question concernant le rôle potentiel des AVD sur le risque de CHC.

Ainsi, d’après les auteurs, le traitement par ces nouvelles molécules, très efficaces pour éradiquer le virus de l’hépatite C, devrait réduire le risque de développement d’un CHC, au minimum, dans les mêmes proportions que le traitement par l’IFN, soit 77 % environ, chez les patients cirrhotiques.

L’âge plus avancé, la plus grande gravité de la cirrhose observés chez les patients initialement traités par le AVD comparés aux patients traités par IFN expliqueraient très probablement la différence de risque soulevée par l’équipe espagnole qui avait légitimement alarmé la communauté des hépatologues.

Ce travail très important et rigoureux nécessitera confirmation dans la mesure où il existe certaines faiblesses notamment le nombre d’études qui sont le plus souvent rétrospectives, la répartition géographique inhomogène…

 
 
  Références :  
 
Titre :   Risque de carcinome hépatocellulaire après une thérapie anti-virale à action directe contre le VHC
Titre original :   Hepatocellular carcinoma risk following direct-acting antiviral HCV therapy: A systematic review, meta-analyses, and meta-regression
Auteurs :   Reem Waziry, Behzad Hajarizadeh, Jason Grebely, Janaki Amin, Matthew Law, Mark Danta, Jacob George, Gregory J. Dore
Source :   Article
Revue :   Journal of Hepatology
Références biblio. :   Volume 67, Issue 6, December 2017, Pages 1204-1212
 
     
     
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