Risque myéloprolifératif de l'exposition aux thiopurines
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Degré d'innovation
Important

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Patrick FAURE

Enthousiasme

À la une 07/10/2014

Risque myéloprolifératif de l'exposition aux thiopurines

L’azathioprine et le 6 mercaptopurine sont largement utilisés dans les MICI et constituent un élément essentiel de la prise en charge thérapeutique.  Ces médicaments  ont un potentiel reconnu de carcinogénèse et mutagénèse  dans les syndromes lymphoprolifératifs et les cancers cutanés non mélaniques.

Le but de cette étude prospective observationnelle était de déterminer dans la cohorte CESAME (19486 MICI inclus prospectivement entre mai 2004 et juin 2005 et suivis jusqu’au 31 décembre 2007) le risque de désordre myéloprolifératif  (comme les leucémies aiguës myéloïdes et les syndromes myélodysplasiques) chez les patients exposés aux  thiopurine avant ou au moment de l’inclusion. Dans cette cohorte  55,5 % des patients MICI n’avaient pas reçu de thiopurines.

Cinq patients ont été diagnostiqués avec un désordre myéloprolifératif (2 LAM et 3 anémies réfractaires avec excès de blaste de type 1), soit une incidence  de 10 pour 10 000 patients années soit 1,6 % des cancers  incidents observés dans la cohorte CESAME.
Le taux d’incidence chez les patients sous thiopurine était de 6 pour 10 000 patients années, de 30 pour 10000 patients années chez les patients exposés auparavant aux thiopurines et de 4 pour 10 000 patients années chez les patients jamais exposés aux thiopurines.
Le risque de désordre myéloïde dans la population MICI n’était donc pas augmenté significativement par rapport à la population générale. Seul les patients qui avaient reçu des thiopurines avaient un risque élevé 7 fois supérieur (SIR 6,98 ; 95% CI,1,44-20,36) par rapport au patients sous thiopurine en cours ou jamais exposé à ce traitement.
 

Commentaires
 

Ces résultats sont à nuancer car même si le risque reste 7 fois supérieur chez les patients qui ont reçu des thiopurines par rapport aux autres, en valeur absolue, le risque individuel est seulement de 1/10 000 et doit donc être mis en balance avec le bénéfice attendu du traitement par thiopurines dans les MICI.

Par ailleurs, la médiane de suivi des patients de 35 mois dans cette étude est assez courte pour établir l’incidence réelle d’un cancer rare comme la leucémie aiguë myéloïde (LAM).
 

Références
 
Titre :

Les patients qui ont reçu des thiopurines dans les MICI ont un surrisque mais faible de syndromes myélodysplasiques (SMD) et de leucémies aiguës myéloïdes (LAM).

Titre original :

Increased Risk of Acute Myeloid Leukemias and Myelodysplastic Syndromes in Patients Who Received Thiopurine Treatment for Inflammatory Bowel Disease

Auteurs :

Anthony Lopez, Morgane Mounier, Anne-Marie Bouvier, Fabrice Carrat, jj Marc Maynadié, Laurent Beaugerie, Laurent Peyrin-Biroulet

Source(s) :

Article

Revue :

Clin Gastroenterol Hepatol.

Références biblio. :

Clinical Gastroenterology and Hepatology 2014;12:1324–1329

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